Christine Célérier
Professeur de Lettres
Les récalcitrants seront convoqués au rectorat pour modifier leurs notes.
Les têtes de pioche qui défient l’autorité sont parfois sévèrement punies.
On veut toujours plus de bacheliers.
Oui, mais le niveau moyen des candidats baisse…
Pas grave, on va vous arranger ça.
Ce 18 juin, jour d’ouverture de la pêche aux bacheliers 2018, Le Point publie une enquête sur « les coulisses de la fabrique des notes ».
De bonnes notes, évidemment.
Un gonflage artificiel dont la recette est résumée en trois mots par l’hebdomadaire :« consignes, pressions, menaces ».
Les examinateurs sont d’abord gentiment invités, par une charte tout spécialement rédigée à leur intention, à faire preuve de « bienveillance ».
Comprenez : de laxisme.
Les grincheux qui persistent à sanctionner un peu lourdement des lacunes importantes ou un raisonnement, une expression, des méthodes par trop déficients, sont sommés de revoir leur copie.
À mi-parcours de la correction, chaque correcteur doit entrer sa moyenne sur une plate-forme pour s’assurer qu’elle n’est pas trop au-dessous de la moyenne académique.
Pour lui laisser une chance de faire son examen de conscience dans le secret de son bureau ?
Pensez-vous !
Big Brother is watching you et, si vous n’êtes pas dans les clous, un inspecteur risque de vous appeler illico pour vous faire rentrer dans le rang.
