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mercredi 29 janvier 2020

Les ravages de la mégalocratie, par Maxime Tandonnet

    


 
   
 
Comment en est-on arrivé là? Jamais, depuis 1944, la France n’avait connu un tel désastre au sommet.
 
Tout part de la désintégration de la vie politique. La crise de confiance des Français remonte à quatre décennies environ.
 
A l’origine, elle est liée à l’impuissance publique et la faillite des gouvernants, depuis le début des années 1980, dans sur la lutte contre le chômage et l’insécurité.
Elle s’aggrave par paliers (par exemple la déception de l’élection de Jacques Chirac après 1995).
Elle s’est brutalement accélérée à partir de 2011 avec une série de grands scandales (DSK, Cahuzac).
Elle atteint un premier stade paroxystique lors des présidentielles de 2017 avec le scandale autour de la candidature Fillon, l’explosion des partis politiques.
De ce champ de ruines encore fumantes émerge la présidence Macron.
Dès lors, la vanité d’un individu autoproclamé Jupiter s’impose sur les débris de la vie démocratique: l’intérêt général, le débat d’idées, la joute majorité/opposition, désormais anéantis.
L’Assemblée nationale et le Gouvernement sont réduits au rôle de faire-valoir.

jeudi 9 mai 2019

Quand Ghosn célébrait ses 60 ans à Versailles se prenant pour Louis XIV aux frais de Renault (vidéo)

 

 
 
Nissan Motor Co. Chief Executive Carlos Ghosn speaks to the media during a news conference after the annual General Shareholders Meeting in Yokohama, near Tokyo, Wednesday, June 23, 2010.
 
© AP Photo / Itsuo Inouye
France
 
Les nuages s’assombrissent pour Carlos Ghosn soupçonné par la justice japonaise d'abus de biens sociaux et de fraude fiscale.

Les enquêteurs disposent désormais d’une vidéo de la grandiose célébration de ses 60 ans à Versailles en 2014, payée par Renault-Nissan.
 
Les enquêteurs dans l’affaire Carlos Ghosn, suspecté par la justice japonaise de dissimulation de revenus dans les publications financières de Nissan et d’utilisation des fonds de l’entreprise à des fins personnelles, se sont procuré une nouvelle pièce à conviction: une vidéo des fastes pendant la célébration du 60e anniversaire du PDG de Renault-Nissan à Versailles en mars 2014.
 

 

dimanche 2 juillet 2017

Combien va coûter la minute de Macron à Versailles ?

 


Le 02/07/2017
 
 
Il est le chef, le maître de toutes choses, et il le fait savoir avec brutalité.
 
Depuis son installation à l’Élysée, il y a cinquante jours, Emmanuel Macron n’arrête pas de nous surprendre, de nous étonner.
Non par des décisions qui pourraient améliorer nos conditions de vie, mais en nous donnant une image quasiment christique de lui-même par le biais d’une communication continue.
La liste est déjà longue des reproches que les Français pourraient lui faire.
Mais il est encore porté par l’état de grâce, et ses électeurs, pas si nombreux que ça au demeurant, ferment les yeux, se bouchent les oreilles et continuent d’exprimer leur admiration envers ce qu’ils considèrent comme étant un « sûrement possible grand Président ».
Et le Président en profite jusqu’à la mégalomanie.
Il est le chef, le maître de toutes choses, et il le fait savoir avec brutalité.
En se moquant des journalistes dont il fait dire, par son service de communication, qu’ils ne comprendraient pas les réponses compliquées à leurs questions certainement sans intérêt.
En convoquant le Congrès pour signifier à tous qu’il faudra l’écouter, en pensant « printemps » sans doute.
Le journal La Croix se demande ainsi si Macron a trop de pouvoir.
Sans oser, toutefois, prononcer le terrible mot de « dictateur ».
Pourtant, pourtant, derrière ce sourire permanent et pas très sincère et les deux fossettes de sa photo désormais officielle, tout, depuis cinquante jours, indique qu’il veut tout faire, tout décider, tout commander.
Son âge, sans doute, et le fait qu’il soit arrivé si jeune, avec si peu d’expérience, mais beaucoup d’intelligence calculée, l’ont conduit à s’imaginer qu’il était tout-puissant.
Dans ses Mémoires de guerre, le général de Gaulle avait écrit : « Pourquoi voulez-vous qu’à 67 ans, je commence une carrière de dictateur ? »
On serait tenté de croire qu’Emmanuel Macron pourrait demander, dans ses futurs mémoires : « Pourquoi voulez-vous qu’à 39 ans, je ne profite pas de ma jeunesse pour jouer à Napoléon ? »