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samedi 16 mai 2020

Le revers de la médaille pour les soignants



 
Le 4 mai dernier, dans un exercice de voyance extralucide, je vous le prédisais : le prochain 14 Juillet sera glorieux : « Défilé des héros sur les Champs-Élysées, blouses blanches et brigades sanitaires de l’Étoile à la Concorde […] Salut ému du chef de l’État, décoration des anciens combattants, embrassade des nouvelles pupilles de la nation… »

L’oracle Sibeth Ndiaye l’a annoncé à l’issue du Conseil des ministres : le Président Macron souhaite « que la fête nationale soit une occasion supplémentaire de manifester l’hommage et la reconnaissance de la nation à tous ceux qui se sont engagés dans la lutte contre le Covid-19 ».

En foi de quoi est réactivée la médaille de l’engagement face aux épidémies (créée en 1885 après une vague de choléra et disparue dans les années 1960), et nos blouses blanches se verront gratifiées d’un ruban bleu-blanc-rouge.
Les heureux élus auront œuvré « dans le soin des malades, le dépistage, la recherche, le soutien de notre système de santé, la fabrication des produits de santé et de protection, la protection des plus fragiles, la poursuite d’une activité professionnelle et bénévole pour assurer le fonctionnement des services indispensables », a dit Sibeth.
Confidence : je ne voudrais pas être celle/celui qui accrochera les rubans parce que ça va faire du monde…
Bref, soignantes, soignants, chercheurs, souteneurs, vous savez ce qu’il vous reste à faire : apprendre à marcher au pas d’ici le 14 juillet.
Alors, heureux, nos héros ?
Pas vraiment. Pourtant, le ruban doit s’accompagner d’un petit paquet cadeau : une prime de 500 à 1.500 euros dans les 40 départements les plus touchés par l’épidémie, des chèques vacances, des tickets restau et… peut-être aussi des jours de congé gracieusement offerts par les salariés dont une grande partie, rappelons-le, sont en chômage partiel.