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mardi 19 mai 2020

Michel Onfray, philosophe au « lance-flammes »



Les Normands ont la chance d’avoir Michel Onfray.  

Il parle clair et bien. Avec une vigueur qui nous change des éditoriaux d’Ouest-France.
En Bretagne, il nous manque un Michel Onfray, capable de mettre les pieds dans le plat et de dire leurs quatre vérités aux puissants.
Et, en ce moment, une « grande gueule » aurait effectivement beaucoup de travail.
Il y a donc deux sortes de philosophes : Bernard-Henri Lévy à Saint-Germain-des-Prés et Michel Onfray en Normandie ; ils ne tiennent pas le même discours et ne fréquentent pas les mêmes gens. Dans une récente tribune, le Normand fait l’éloge de la France modeste que les élites parisiennes refusent de voir alors qu’elle est indispensable au pays.
Les « gens de peu » pratiquent la « décence ordinaire », pour le dire avec les mots d’Orwell.
La crise sanitaire a mis en valeur cette vertu.
« L’épidémie qui met la France à genoux l’a fait ressortir très précisément chez ceux qu’ont méprisés Emmanuel Macron et les siens : les Gaulois réfractaires, les fumeurs de Gitanes qui roulent au diesel, les crétins qui ne savent pas qu’en traversant la rue ils trouveraient du travail, ceux qui ne sont rien opposés à ceux qui ont réussi dans la vie, les alcooliques et les illettrés des corons, ceux qui, prétendument, jalousaient ses costards.
Ce peuple-là, c’est le contraire des premiers de cordée qui devaient se fader les pauvres en queue de ficelle, l’opposé des fringants gominés de la start-up nation, l’antithèse du ruisselant dont la fortune devait faire le bonheur de sa femme de ménage et du migrant dormant sous les ponts, l’antinomie d’Emmanuel Macron.