
Après les autoroutes, les routes nationales ?
Les sociétés d’autoroutes, non contentes d’exploiter 9.000 kilomètres du réseau, seraient prêtes à étendre leur emprise sur une partie des routes nationales.
Avec un argument choc : des économies pour l’État.
Un moyen, tout à la fois, de baisser les impôts, d’enrichir des entreprises privées et… de déposséder la France.
« Le transfert de tout ou partie du réseau routier national est de nature à provoquer un choc budgétaire très significatif, soulageant le budget de l’État et pérennisant les capacités d’entretien du réseau », peut-on lire dans une note interne de l’Association des sociétés françaises d’autoroutes (ASFA), datant du 17 avril 2014, qui a été révélée par Radio France.
Voilà qu’elles se présentent comme des sociétés de bienfaisance, toujours prêtes à rendre service – ou, plutôt, à monnayer leurs services.
« Chaque fois que l’État décidera d’aménager son réseau de routes nationales et de le transformer en autoroutes concédées, les sociétés d’autoroutes répondront présent », a confirmé le président de l’ASFA.
Le ministre des Transports assure que, sur ce dossier explosif, la « prudence » est de mise, ce qui ne l’a pas empêché de mettre en place, avec Gérald Darmanin, un groupe de travail sur « l’évolution de la gestion » du réseau routier national – ah ! qu’en termes galants ces choses-là sont mises !