
Imaginez une société, une entreprise, un parti, un syndicat, une association… qui reconnaîtrait – et, pire, justifierait – sur un grand média l’organisation de réunions interdites à certains en raison de leur couleur de peau.
Imaginez, dans les heures suivantes, la stupéfaction incrédule sur les réseaux sociaux, le séisme dans le pays, le scandale national, la juste indignation dans le monde politique, l’auto-saisine du parquet, les gros titres dans la presse. Comment pourrait-il en être autrement ?
Pourtant, c’est exactement ce qui s’est passé, mercredi matin, et l’on attend toujours le tsunami. Calme plat. Pas même une vaguelette à l’horizon. Mélanie Luce, présidente de l’UNEF – association grassement subventionnée, omnipotente dans les universités -, a bien tenté de fuir par des chemins de traverse escarpés, des circonlocutions sentant son élément de langage préparé en atelier, mais elle a été poussée dans ses retranchements par une Sonia Mabrouk courtoise mais implacable. Oui ou non, certaines réunions sont-elles interdites aux Blancs ? Pas moyen de se dérober. Elle doit avouer, c’est vrai.
Mélanie Luce : "Est-ce que vous considérez qu'il y a un racisme organisé ? Est-ce que quand on est blanc aujourd'hui on ne peut pas accéder à un emploi, à un logement ?"#Europe1 pic.twitter.com/eqdHbSIfBo
— Europe 1 🎧🌍📻 (@Europe1) March 17, 2021
Mélanie Luce aurait pu au moins adopter la stratégie de Ponce Pilate, montrant par là une forme sinon de culpabilité, au moins de prise de conscience : la direction ne savait pas, les organisateurs ont été ou seront exclus, ce sont des éléments isolés, des initiatives individuelles… point du tout.



