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dimanche 5 mars 2023

Pour fuir l’immigration, ces Français choisissent l’émigration


 

Julien Tellier 1 mars 2023

Le constat est fait depuis des années. Dans leur majorité, les Français ne se sentent plus chez eux. 

Ajoutez au fait que 67 % d’entre eux sont inquiets pour leur sécurité et vous obtenez une des raisons de l’. 

Au 1er janvier 2022, 1.614.772 Français étaient officiellement installés à l’étranger – toutefois, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères estime ce nombre à 2,5 millions, car tous les expatriés ne se signalent pas comme tels. Les raisons sont bien entendu diverses. Au-delà des considérations économiques, ce sont bien des motivations identitaires qui poussent un certain nombre d’expatriés à quitter le territoire national.

Le Portugal, la France d’avant ?

Nombreux sont les Français retraités partis vivre au Portugal pour leurs vieux jours. Plus de 120.000 personnes retraitées sont aujourd’hui résidentes du pays bleu. Dans certains coins de ce territoire ouvert à l’Atlantique, les expatriés semblent retrouver la France de leur enfance. « [Ici] la vie est douce, c’est calme, apaisé, sans agressivité », indique une retraitée française habitante de l’Algarve (région au sud du Portugal) au Monde. D’autres renchérissent et pointent les problèmes qui les ont poussés à partir : « C’est une région [l’Algarve, NDLDR] pour les gens qui en avaient assez. Il y a, en France, une dérive ethnique insupportable », s’indigne un expert-comptable retraité. Enfin, Dominique Pinaud, ingénieur à la retraite de 68 ans, a décidé de vivre au Portugal car dans l’Hexagone règne une « immigration incontrôlée ». Et d’ajouter : « La France est devenue aussi violente que le Brésil. »

Certains Français encore actifs songent aussi sérieusement à suivre le mouvement. Pour Boulevard Voltaire, Christine, femme de ménage installée à Marseille, assure : « Ma vie est en France. Mais face à l’insécurité montante et à l’immigration incontrôlée, je préfère finir mes jours dans un pays où je suis sûre d’être tranquille. »

vendredi 12 août 2022

Pauvre France : c’est parce qu’ils l’aiment qu’ils la quittent !


 


 Marie Delarue 11 août 2022

Il paraît qu’Edgard Quinet, cette grande figure du XIXe siècle, disait que « le véritable exil n’est pas d’être arraché de son pays, c’est d’y vivre et de n’y plus rien trouver de ce qui le faisait aimer ». 

Nous sommes aujourd’hui nombreux à nous sentir « en véritable exil » et ceux qui le peuvent – s’ils en ont encore l’âge et les moyens – choisissent de plus en plus souvent d’ajouter l’exil géographique à l’exil intérieur.

Plus proche de nous que M. Quinet, un couple de quadras et leurs trois enfants ayant quitté pour le 9-3, puis le 9-3 pour le Québec, me confiait récemment : « Avant, on quittait la France pour découvrir autre chose, faire un bout de vie ailleurs ; aujourd’hui on s’enfuit ! »

Voilà longtemps qu’on le dit et qu’on se fait honnir pour cela : la France se vide par le haut et se remplit par le bas. Diplômés, entrepreneurs et entreprenants, retraités aisés… Ce sont « ces Français qui s’exilent parce qu’ils ne reconnaissent plus la France », pour reprendre le titre d’un papier du Figaro de mercredi. Une republication, pour être exact, car ce papier est initialement paru le 11 mai et fait partie des plus lus de cette année.

Les « fuyards » sont pourtant des gens bien installés dans l’existence, mais « ils ne reconnaissent plus la France. Celle de leur ou celle que leur racontent leurs parents ». Quand le menu quotidien se décline en « agressions, cambriolages, incivilités, trafics, montée du communautarisme, mais aussi "fracture de la société", ou "cancel culture" qui fait table rase de leur passé… », quel choix reste-t-il ? La « soumission » décrite par Houellebecq ou l’exil.