vendredi 20 avril 2018

Libération des casseurs présumés : un syndicat de police se dit « choqué »

 
 
 
 
Dernier épisode en date dans l’occupation illégale de la faculté de lettres de Paul Valéry : le tribunal administratif de Montpellier, qui a été saisi en référé urgent par le président de l’UM3, Patrick Gilli a ordonné ce mercredi l’évacuation immédiate des lieux. L’ordonnance a été transmise au préfet de l’Hérault.
 
Une expulsion des grévistes ordonnée par la justice, au moment où la polémique enfle dans les rangs de la police nationale, après la décision du parquet de Montpellier de remettre en liberté 49 des 51 casseurs présumés, interpellés à l’issue des violences urbaines avec le saccage de nombreux magasins et banques dans l’Écusson et sur les boulevards du Jeu-de-Paume et Ledru-Rollin, samedi.
Le syndicat Unité SGP Police FO, majoritaire dans l’Hérault est en colère.
Pour le préfet de l’Hérault, Pierre Pouëssel et le contrôleur général Jean-Michel Porez, directeur départemental de la Sécurité publique, « nous sommes sûrs et certains que les 51 personnes, en majorité des étudiants de l’UM3 Paul Valéry et des mouvances de l’ultra gauche et anarchistes interpellés route de Mende ont bien participé au raid parmi les 200 casseurs encagoulés et armés qui ont attaqué les policiers de la Sécurité publique et les CRS, puis vandalisé de nombreuses boutiques et banques ».
 
Au final, seuls un étudiant de Paul Valéry et un ex-étudiant à l’UM3, sans emploi actuellement, ont été déférés au parquet, le premier écopant de 3 mois de prison ferme lors de sa comparution immédiate au tribunal correctionnel, le second ayant été libéré jusqu’à son procès renvoyé au 14 mai.

Des barrières volées

Un des casseurs présumés arrêtés samedi, libéré dimanche et qui n’est autre qu’un des leaders du Scum -le Syndicat de combat  universitaire de Montpellier- a été de nouveau interpellé en flagrant délit mardi à 7h30 par la brigade anticriminalité -BAC-, alors qu’en compagnie de cinq autres étudiants de Paul Valéry, militants du Scum, ils venaient de voler des barrières sur un chantier proche de la rue de l’Université, pour bloquer l’accès au Rectorat et à l’académie de Montpellier.
Aucune charge n’a finalement été retenue contre eux, le parquet de Montpellier ayant classé la procédure après une brève garde à vue, levée hier après-midi.
Réaction d’un responsable du Scum, hier soir : « Aucun délit n’a été constaté après nos interpellations mardi matin devant le Rectorat. Alors qu’aucune poursuite n’a été entreprise par le procureur de la République, nous constatons qu’il s’agit d’une tentative de la préfecture de l’Hérault d’intimider les étudiants mobilisés, dont ceux de notre syndicat. Nous appelons à la poursuite de la mobilisation et à son amplification, jusqu’à ce que les revendications étudiantes soient satisfaites ».

Bruno Bartocetti : « Nous attendons une extrême sévérité »

En exclusivité pour Métropolitain, Bruno Bartocetti, délégué régional du syndicat Unité SGP Police FO réagit fermement, ce mercredi : « Le résultat du parquet de Montpellier à l’endroit des casseurs nous choque, car, aujourd’hui, après ces scènes de violences gratuites sur les policiers et les actes de vandalisme sur des biens publics et privés, nous attendions une réponse judiciaire rapide et à la hauteur des actions des casseurs, à savoir une extrême sévérité. Ils sont venus provoquer, attaquer, blesser volontairement des policiers, nous avons eu 7 blessés dans nos rangs, détruire des commerces, des banques et des biens mobiliers des collectivités. Et ils sont tous remis en liberté ? Ces casseurs mettent en danger notre république, il faut bien le comprendre. On ne peut pas se montrer tolérant à l’endroit de ces auteurs de violences et de dégradations volontaires, dont la volonté samedi a été de casser du flic. À partir du moment où on s’en prend aux forces de l’ordre, on s’en prend automatiquement à la République. Je suis effaré d’apprendre que les six étudiants, dont un déjà arrêté lors de l’opération de samedi et libéré dimanche, interpellés mardi devant le Rectorat où les bandes de vidéoprotection saisies prouvent qu’ils venaient de voler des barrières sur un chantier voisin, aient été libérés après sept heures de garde à vue ».

Un juge enquête sur le sabotage à Paul Valéry

L’enquête des policiers de la sûreté départementale de l’Hérault se poursuit sur le sabotage des serveurs dans un bâtiment de la faculté de lettres UM3 Paul Valéry, la semaine dernière, ce qui paralyse le fonctionnement de tous les services, y compris administratifs.
Le procureur de la République, Christophe Barret a ouvert une information judiciaire et c’est un juge d’instruction qui supervise désormais les investigations policières.
Le préfet de l’Hérault, Pierre Pouësel a relevé, en évoquant ces actes de malveillance et le blocage du campus de Paul Valéry par une minorité, que « le site qui s’étend sur 10 hectares est très poreux et favorise des intrusions diurnes et nocturnes ».

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