dimanche 23 juillet 2017

Yvelines : l’immense camp de Roms de Triel vit ses dernières heures

Le 23/07/2017 
 
 
 

Triel-sur-Seine, jeudi. Dans quelques jours, Liliana et ses trois enfants seront expulsés du camp de Triel. Ils seront relogés quelques jours à l’hôtel avant de rejoindre une destination inconnue. LP/M.G.

Mehdi Gherdane|23 juillet 2017
 
La préfecture engage cette semaine le démantèlement du camp. Il s’agit d’évacuer près de 300 personnes réparties sur quatre sites dont le plus important compte 200 membres.
 
C’est la fin programmée d’un des plus grands bidonvilles de la région parisienne.
La préfecture engage cette semaine le démantèlement du camp de Roms de la plaine de Triel.
Il s’agit d’évacuer près de 300 personnes réparties sur quatre sites dont le plus important compte 200 membres.
Cette évacuation devrait s’effectuer dans le calme : les familles sont informées depuis plusieurs semaines de cette opération.

Créé en 2007, ce camp a grossi au fil des ans et les conditions sanitaires s’y sont lentement dégradées.
Conglomérat de caravanes pourries posées sur de la terre battue, ce « village » est désormais envahi de détritus déposés par des artisans ou des particuliers.
Les rats y vivent au milieu des habitants, parmi lesquels de nombreux enfants.
Il n’y a ni eau courante ni électricité.

Une visite en janvier du sous-préfet de Saint-Germain-en-Laye a accéléré la décision.
« J’y ai alors constaté une très forte dégradation des conditions sanitaires, les rats venaient me gratter le pied », se souvient Stéphane Grauwogel.
L’incendie de mai dernier, qui avait ravagé une partie du site, a fini de convaincre l’Etat d’acter la fermeture de camp.
Toute la question, au terme de cette opération, portera essentiellement sur le relogement de ces personnes.
Après leur départ de Triel, toutes seront accueillies à l’hôtel pendant quinze jours.
Les 48 familles qui sont en attente d’un logement social seront orientées vers un « logement intermédiaire » avant d’entrer en HLM.
« C’est incompréhensible. Pourquoi ne pas nous avoir laissés ici en attendant notre appartement ? demande Vasile-Yon, 29 ans et six enfants. Ce n’est pas logique de nous déplacer pour quelques semaines ! »

Pour les Roms qui n’ont déposé aucun dossier, c’est encore plus compliqué : après l’hôtel, le risque de finir à la rue est réel.
« Il ne doit pas y avoir d’expulsion tant qu’une solution d’hébergement stable n’aura pas été proposée à chaque famille ou personne », insistent, conscientes de ce risque, Anne Laforgue et Fabienne Lauret, du collectif RomYvelines qui épaule les Roms depuis plusieurs années (lire ci-contre).
« Cela va être une catastrophe », redoute Anne Laforgue.

Quant au retour en Roumanie de ces citoyens européens, il semble inenvisageable pour une communauté victime de discriminations dans son pays.
« Je préfère vivre ici, même dans ces conditions, que retourner là-bas », assure Liliana, maman de trois enfants scolarisés à Triel-sur-Seine.

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