On le savait incompétent, maintenant on sait aussi qu'il est lâche.
Il n’a pas voté.
Il n’a pas eu le courage de dire oui, ni même l’honnêteté de dire non.
Il s’est levé, a rangé sa conscience dans la poche, et s’est éclipsé par une porte latérale, comme on fuit un regard trop insistant.
Ce jour-là, la République demandait une position claire. Non pas un slogan, non pas une pirouette rhétorique, mais un geste simple : être présent. Être compté. Assumer. La motion était grave, lourde de sens et de conséquences : classer les Frères musulmans comme organisation terroriste. On pouvait en débattre, la contester, la combattre même, mais encore fallait-il être là.
Lui a choisi l’absence.
L’éternel refuge des lâches.
Car s’éclipser avant le vote, ce n’est pas la neutralité : c’est une stratégie. C’est vouloir préserver tous les camps en trahissant chacun. C’est ménager l’opinion, flatter les ambiguïtés, cultiver le flou comme d’autres cultivent le courage. Il a préféré le confort du couloir à la rudesse de l’hémicycle, le silence complice à la parole risquée.
On attend d’un homme politique qu’il tranche, surtout quand la question dérange. On attend qu’il se tienne debout quand le sujet brûle. À défaut, il ne reste qu’un siège vide, et le sentiment amer que certains mandats ne servent qu’à éviter de choisir.
La lâcheté, en politique, ne fait pas de bruit. Elle se glisse hors champ, sans vote, sans trace. Mais elle laisse toujours derrière elle une odeur de renoncement, et le soupçon tenace que l’on a élu un homme qui sait disparaître, mais pas décider.
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