mercredi 15 mars 2017

Affaires Fillon, Le Pen ou Macron : selon qu’ils sont de droite ou de gauche…

 


Le 15/03/2017

 
On n’entend qu’emplois fictifs, château dans la Sarthe, costumes de luxe, virements de salaires de comptes d’enfants à comptes de parents.

François Fillon est mis en examen : l’information est tombée en milieu d’après-midi.
 Et tourne en boucle.
 Prenant tout le monde de court puisque le rendez-vous du candidat avec la justice était initialement fixé au mercredi…
Son avocat a bien joué : il a demandé au juge d’avancer la convocation de 24 heures, permettant ainsi au candidat Fillon de se rendre « sereinement » dans le bureau du magistrat.
 Enfin, « sereinement »… sans les journalistes, en tout cas.
Ruth Elkrief, sur BFM TV, interroge ses invités.
 Et rappelle à chaque occasion que Marine Le Pen, elle, ne s’est pas rendue à la convocation des juges…
Ouh, la vilaine !
 François Fillon, lui, au moins, est courageux…
 Pour un peu, on croirait la journaliste devenue sympathisante du candidat de la droite et du centre… Il faut dire que, dans le même temps, cette autre information, sortie par Le Monde, est répétée encore et encore : la présidente du Front national est sous le coup de deux procédures de redressement fiscal, qui pourraient l’une et l’autre avoir comme conséquence « une réévaluation significative de la valeur de ses biens, de l’ordre de 60 % ».
Si cela se confirmait, Marine Le Pen serait alors assujettie à l’impôt sur la fortune (ISF).
Si on voulait parler du fond, c’est raté.
Depuis des semaines, on n’entend qu’emplois fictifs, château dans la Sarthe, costumes de luxe, virements de salaires de comptes d’enfants à comptes de parents.
 On passe ensuite sans transition à garde du corps, diffusion d’images violentes, immunité parlementaire et, maintenant, redressement fiscal.
Mais pas beaucoup, c’est évident, de Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, de déclaration de patrimoine ni de favoritisme ou d’absence d’appel d’offres à Las Vegas.
Encore moins de « frais de bouche » à Bercy…
À force, ça fait désordre…
Les réclamations dénonçant les différences de traitement selon que les candidats sont de droite ou de gauche commencent à faire du bruit.
Le deux poids deux mesures devient un tantinet trop visible ; et les médias dont les patrons soutiennent un candidat ont de plus en plus de mal à convaincre de leur neutralité…
On a pu ainsi lire dans Le Monde, il y a quelques jours, ce titre étonnant : « Hamon, Macron : comment donner l’impression d’une affaire avec quelques titres trompeurs », suivi de l’explication suivante : « Le candidat du PS comme celui d’En Marche ! ont été confrontés à une méthode de désinformation éprouvée, fondée sur des titres trompeurs et des relais complaisants. »
Non non, ne vous étouffez pas !
 C’était juste au cas où certains accorderaient un peu trop de crédit aux informations qui circulent sur la très méchante et dangereuse « fachosphère »…

 Les candidats de gauche sont, évidemment, accusés à tort.
Ceux de droite sont, bien sûr, coupables…
Vous l’avez compris : devant un tel professionnalisme, une telle impartialité, on n’a plus qu’à s’incliner.
 Et espérer que l’ouverture d’une enquête préliminaire pour « favoritisme, complicité et recel », par le parquet de Paris, sur un déplacement d’Emmanuel Macron à Las Vegas en janvier 2016, annoncée ce mardi, donnera lieu à d’aussi longs développements que les feuilletons Fillon et Le Pen.

Mais ne vous inquiétez pas trop pour lui !

À ce stade, selon les informations de France Inter, « le candidat d’En Marche ! n’est pas directement visé ».

Ouf ! On a eu peur…


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