samedi 26 décembre 2015

Après Tapie, revoilà Copé ! C’est ça, « faire de la politique autrement » ?

                                                    
 
Le 26/12/2015
Le maire de Meaux va nous livrer le fond de sa pensée le 20 janvier prochain : Le Sursaut français. On flaire d’ici le succès en librairie.
Au soir du second tour des régionales, il y a exactement quinze jours, ils nous le juraient tous ; confrontés au score inégalé du Front national, les politiques l’assuraient en chœur : ils avaient « entendu le message des Français ».
C’était sûr, promis juré, on allait « faire de la politique autrement ».
Changer les têtes, arrêter les petites magouilles et les guerres de parti, nettoyer les écuries d’Augias, congédier les menteurs et les escrocs…
Et que voit-on ?
 Le 20 décembre, Tapie, le marlou des années Mitterrand couvert d’or par la Sarkozie, qui prétend revenir en politique.
Toujours la même gouaille, le même culot, le même costard, la même teinture, le même baratin…
Toujours la même emphase et la même enflure pour mieux espérer enfler les Français.
 « Nanar le rempart contre le FN », une série des années 80 recolorisée.
 Et que voit-on encore ?
Le 25 décembre, jour du petit Jésus dans la crèche, Jean-François Copé qui nous refait lui aussi le coup de la providence : entre le bœuf et l’âne gris, un homme pur nous est né, un guide nous est donné, alléluia !
 En page 5 du Parisien : « Je m’voyais déjà… »
Et c’est vrai qu’il s’y voit, Jean-François Copé.
À l’Élysée, vous l’avez compris.
 Sa démission de la tête de l’UMP, le scandale Bygmalion, la batterie de cuisine qu’il promène à ses basques ?
 Bah, les Français n’ont pas de mémoire !
D’ailleurs, Copé invoque Chirac, son modèle : les procès qui glissent comme l’eau sur les plumes d’un canard, les scandales qui sombrent dans l’oubli, une élection remportée par le chantage à la guerre civile, l’amour des Français pour un vieil homme sénile…
 Alors pourquoi pas, en effet ?

Le maire de Meaux va nous livrer le fond de sa pensée le 20 janvier prochain : Le Sursaut français, aux Éditions Stock.
 On flaire d’ici le succès en librairie.
 Lui qui aime à se comparer, on peut lui donner les chiffres des copains (les vrais), ceux communiqués par l’institut de statistiques GfK, qui est la référence en la matière : Je ne me tairai plus, de Claude Bartolone : 268 exemplaires.
L’Insoumise, de Delphine Batho : 715 exemplaires.
Le Grand Virage, de Cécile Duflot : 665 exemplaires.
Ou encore le best-seller de Cambadélis, À gauche, les valeurs décident de tout (sauf des ventes, sans doute) : 326 exemplaires.
À côté, les Fillon, Juppé et Mélenchon qui ont dépassé les 10.000 font figure de Goncourt !

Quant à cette pauvre Christine Boutin, avec son opuscule Qu’est-ce que le Parti chrétien démocrate ?, elle remporte la palme d’or : 38 exemplaires vendus en 5 ans.

 Mais au fond, que les Français lisent ou non leurs livres, les politiques s’en moquent.

L’intérêt, c’est la promo qu’une sortie occasionne : on fait tous les JT, les talk-shows, tout ce qui permet de montrer son derrière.
 Ainsi apprend-on que Jean-François Copé sera sur « Le Divan » de Fogiel, sur France 3, la veille de la sortie de son livre.

 Pour nous dire combien il a souffert, et comme il a changé, et comme les gens ont été méchants avec lui (surtout Sarkozy, qu’il espère affronter à la primaire)… et que le Front national est un danger pour la démocratie… et bla-bla-bla, patin couffin.

 On connaît la chanson.

 Que disaient-ils, déjà, au soir des régionales : qu’ils allaient faire de la politique autrement ?

 Vous les avez crus ?

 Moi non plus !

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