Publié par Antonin Campana sur 15 Avril 2020
Depuis des décennies, nos élites nous racontent une Belle Histoire sur des ponts qui remplaceraient des murs, sur des frontières qu’on abattrait pour que tous les gars du monde se donnent la main, sur un soleil qui illuminerait un métissage joyeux.
Dans ce monde enchanté, le vivre ensemble et la mixité sociale annoncent un avenir harmonieux pleins de couleurs et de douceurs. Qui n’en voudrait pas ?
Dans le monde réel, c’est autre chose.
Le vivre ensemble et la mixité sociale ne font rêver que ceux qui ne les connaissent pas.
A force d’avoir voulu copier le monde enchanté, le monde réel s’est transformé en cauchemar.
Mais, fort heureusement, ceux qui racontent la fiction ne sont pas ceux qui subissent le réel !
Deux univers parallèles ont donc coexisté pendant des années.
Durant tout ce temps, le monde enchanté a été présenté comme le monde réel, alors que le monde réel était quant à lui propulsé dans l’univers des fantasmes et des fake-news.
C’est alors qu’un petit virus s’est invité dans le monde enchanté.
Tout d’abord, les conteurs du monde enchanté sont restés fidèles à la description de leurs contrées, où le virus n’avait pas sa place.
Il n’était pas question d’infléchir le récit de la merveilleuse fiction sociale pour une simple gripette. Puis les conteurs ont essayé d’inscrire l’intrus dans la Belle Histoire.
Ils ont dit : « le virus n’a pas de passeport !».
Consacré Sans-papier, le virus migrant de Chine fut une occasion de rappeler généreusement à tous les hommes que fermer les frontières n’était pas bien.
C’était un repli nationaliste !
Or, il faut le savoir, dans le monde enchanté, les Méchants sont ceux qui veulent fermer les frontières, et les Gentils, au contraire, sont ceux qui veulent les ouvrir pour accueillir chaleureusement toute la diversité du monde !
Prenant note de cet altruisme républicain, le virus a immédiatement fait usage de son droit au regroupement familial.
Pleins d’autres petits virus sont donc arrivés, se répandant dans nos rues et générant un « sentiment » d’insécurité sanitaire.
Les conteurs ont promptement cherché à contrer ce sentiment, assurément xénophobe et venu des Méchants, en prétendant qu’il ne fallait pas, Macron le 06 mars, « modifier nos habitudes de sortie ».
Enfin, il y eut le drame : la fiction qui rencontre le réel.