Laurent Bigot est un homme en colère.
Ancien haut fonctionnaire, il a été diplomate, mais aussi sous-préfet.
Il connaît donc bien les rouages
de la haute administration publique avec laquelle il a pris ses
distances ces dernières années. Très actif sur Twitter, compagnon de
route des Gilets jaunes et du mouvement social dont il a documenté en
vidéo les manifestations, il dénonce régulièrement les violences
policières qui les accompagnent. Des violences policières dont il a été
lui-même victime à plusieurs reprises.
Laurent Bigot accorde cet
entretien à Théophile Kouamouo au lendemain de la grève et des
manifestations du 23 mars, à la suite desquelles on a pu avoir
l’impression de vivre dans un pays en situation d’insurrection générale.
Violences policières généralisées et la plupart du temps gratuites,
feux de poubelles et incendies d’édifices, où va la France ? Pourquoi
Laurent Bigot considère-t-il comme très inquiétantes les scènes
auxquelles il a assisté ce jeudi ? Comment est-on passé du maintien de
l’ordre à ce que l’ancien sous-préfet désigne désormais comme de la
“répression” pure et simple ? Le pouvoir d’Emmanuel Macron s’est-il mis
dans une impasse ? Se trouve-t-il désormais dans un positionnement où
l’égo surdétermine tout le reste ? Entretien.
















