
19 déc. 2023
Société-écran à Dubaï, filiale à Singapour…
Malgré son départ annoncé du pays, le géant français du sport a mis en place un système opaque pour continuer à vendre, en toute discrétion, ses produits en Russie.
Révélations sur un contrat secret qui a déjà permis à Decathlon d’empocher au moins 12 millions de dollars, selon des documents internes obtenus par Disclose.
Le coup a été brutal. Le 29 mars 2022, un mois après le début de la guerre en Ukraine, Decathlon annonce la fin de ses activités en Russie. Comme pour d’autres marques occidentales, la pression internationale s’accentue alors sur le géant français du sport pour qu’il abandonne rapidement le marché russe. Un départ officialisé en octobre 2023, avec la cession de ses 60 magasins à un repreneur local, la marque Desport. L’épopée de Decathlon au pays de Vladimir Poutine est donc officiellement terminée. Sauf qu’il n’en est rien.
Depuis quelques semaines, et dans la plus grande discrétion, la multinationale française, propriété de la famille Mulliez, continue d’alimenter le marché russe en produits siglés de ses marques phares : Quechua, Wedze et Kalenji. D’après l’enquête de Disclose, qui s’appuie sur des documents internes à l’entreprise, des vidéos en sources ouvertes et les témoignages d’anciens salariés, Decathlon a mis en place un vaste système de dissimulation de ses exportations dans le cadre d’un contrat d’approvisionnement signé avec Desport pour un montant d’au moins 12 millions de dollars. Au cœur de cette manœuvre aux marges de la légalité, on trouve les plus hautes instances du groupe français, une société-écran domiciliée à Dubaï ainsi qu’une filiale de la marque basée dans le paradis fiscal de Singapour.












