
Monsieur le Président,
C’est en tant que maire que je m’adresse à vous comme je l’avais déjà fait le 31 décembre 2018. Deux millions et demi de personnes m’avaient soutenu sur les réseaux sociaux, mais vous n’aviez rien entendu.
Aujourd’hui, je vous accuse, face à l’épidémie, d’avoir failli à votre devoir de bienveillance et de protection de la population, pour mieux servir vos intérêts et je vous adresse, comme l’aurait dit Georges Brassens, une supplique.
En tant que maire, parce que les maires sont des témoins au quotidien de la détresse du peuple de France. Alors que l’Etat méprise cette fonction de maire depuis longtemps, baisses des dotations, suppression des domaines de compétences et des moyens pour agir, absence de soutien et de considération…
Les Présidents de la République successifs se souviennent soudain et lâchement, chaque fois qu’une crise survient, que ces maires leurs sont nécessaires. Ce fut déjà le cas avant les attentats du Bataclan. Puis, vous-même, lorsque vous ne saviez pas résoudre la crise des gilets jaunes, ou encore face à cette épidémie, chaque fois, vous comptez sur les maires, pourtant démunis et spoliés par les déviances de la République, pour trouver des solutions dans la proximité et surtout transférer sur leur dos les responsabilités…
Aujourd’hui, je suis atterré par l’état dans lequel vous avez précipité la France.
Je porte à votre encontre plusieurs accusations publiques.
Je
ne crains pas les représailles ou les sanctions, que j’ai d’ailleurs
déjà connues. Parce que ma force est que je m’appuie sur les valeurs de
la République qui légitiment mon propos. Mais il faut que les gens
sachent que lorsqu’un Maire se permet d’exprimer la moindre critique, il
risque de se voir supprimer des subventions par les services de l’Etat
ou par les grandes collectivités. Les Maires aujourd’hui se doivent de
n’être plus que de dociles exécutants, ce qui explique souvent leur
silence…
Oui, je vous accuse d’avoir affaibli la République, par votre
entreprise, de l’avoir démantelée, sur le plan démocratique, économique
et social.
Vous annonciez une République en Marche, on ignorait alors qu’il ne s’agissait que de la marche arrière.
Assis
sur une improbable légitimité, puisque vous n’aviez été élu que par
défaut. 47 millions de français n’ont pas voté pour vous, et sur les
43,6 % d’électeurs qui se sont exprimés, 43% ont déclaré avoir voté pour
vous pour faire obstacle à Marine Le Pen
Votre mandat avait bien mal débuté, vous avez très vite réformé l’Impôt Sur la Fortune, à l’avantage des plus nantis, vous avez imposé et donc diminué les retraites, vous vous êtes attaqué aux jeunes et aux plus pauvres par la baisse des APL et des ALS (Allocations de Logement Sociales).
Vous auriez pu lutter contre l’évasion fiscale qui coûte chaque année à la France 60 à 80 milliards d’euros, vous n’en avez rien fait. Vous auriez pu porter la TVA à 30% sur les produits de luxe, vous n’en avez rien fait. Vous auriez pu diminuer la TVA a minima sur les produits de première nécessité, vous n’en avez rien fait. Vous auriez pu lutter contre le diktat de l’Europe qui contraint la France à emprunter aux banques privées, plutôt qu’à la Banque de France, vous n’en avez rien fait. Quand la dette publique avoisine les 100% du PIB, vous avez surtaxé les français pour payer des intérêts aux banques privées, alors que le remboursement de ces intérêts est le quatrième poste budgétaire de l’Etat…
Puis, dans ce contexte de précarité galopante est survenue la crise des gilets jaunes. Elle vous a servi d’alibi, alors que c’est vous-même qui l’avez déclenchée !
Et la France a pris feu, parce que vous avez refusé le dialogue, vous avez préféré saisir l’occasion des dérapages et de la violence, que je ne cautionne pas, Bien sûr, pour diaboliser tous les gilets jaunes, les décrédibiliser, les opposer aux commerçants, aux policiers… Diviser pour régner… Des braves gens ont été gazés, tabassés, on leur a tiré dessus et vous avez justifié cela en faisant l’amalgame avec les voyous.










