Commençons par un petit avertissement.
Les phrases et les mots qui vont suivre, une fois n’est pas coutume, empruntant moins aux cochonnailles qu’aux cochoncetés, les lecteurs sont invités à ne pas laisser traîner cette chronique sur la table du salon, sur la toile cirée de la cuisine et partout où les enfants auraient envie d’affûter leur instruction.
« Elle me tournait le dos, elle se jetait sur le lit. Elle me montrait le renflement brun de son anus. Tu viens Oskar ? Je suis dilatée comme jamais. » Cet extrait est tiré du dernier livre de Bruno Le Maire qui, rappelons-le, est aussi, accessoirement, notre ministre de l’Economie. Lequel, romancier à ses heures, évoque dans « Fugue américaine » publié chez Gallimard, le voyage vers la Havane de deux frères, Franz et Oskar Wertheimer, qui croiseront la route de Vladimir Horowitz (1903-1989), célèbre pianiste d’origine russe naturalisé américain. Continuons avec cet autre passage qui nous est offert par le locataire de Bercy, également agrégé de Lettres modernes « Après mes règles, pendant deux ou trois jours, je suis excitée comme jamais ; je mouille ». La dame soulevant le haut pour «exhiber ses seins » lâche « tu as vu comme ils sont gros aujourd’hui ? Tu as vu, Oskar ?» « Je viens Julia, je viens » Alors Oskar finit par « prendre » Julia « en hurlant des mots que la décence la plus élémentaire (…) interdit de consigner dans cette chronique d’un désastre annoncé ».
Un désastre annoncé : expression qui pourrait servir de titre à la situation de l’économie française avec, s’il faut emprunter à la prose du ministre en charge des Finances publiques, une « dilatation » inédite de la dette avoisinant tout de même 3000 milliards d’euros. Un détail, que dis-je « un trou » qui n’a pas échappé à l’agence de notation financière Fitch Ratings, puisque la France a été rétrogradée de AA à AA-.











