par Charles Sannat | 31 Mai 2023 |
Mes chères impertinentes, chers impertinents,
Souvent les problèmes arrivent quand on veut expliquer à l’autre
comment il doit vivre, comment il doit faire.
Lorsque je sais mieux que
vous comment vous devez vous comporter et que je veux vous imposer mon
point de vue, la dictature n’est jamais loin et le totalitarisme non
plus.
Je ne dirais donc pas à ce jeune homme de 24/25 ans comment il doit vivre, comment il doit, peut ou ne peut pas travailler.
C’est après tout sa vie.
Il ne le sait pas encore, car il est bien jeune, mais il se rendra
compte, bien plus vite qu’il ne le pense, que sa vie passera bien vite,
qu’il se retrouvera si rapidement avec des cheveux gris, qu’il ne lui
faudra que quelques battements d’ailes de papillon pour pouvoir à 50 ans
faire le premier bilan de sa vie.
Peut-être se rendra-t-il compte, que sur une vie, nous avons beaucoup
de choix à faire et de décision à prendre et que nos trajectoires de
vie sont essentiellement le résultat des effets de nos choix cumulés.
Il s’en rendra compte à temps, ou pas.
Il sera abonné aux mauvais choix et aux mauvais raisonnements ou pas.
Cela ne me regarde pas, même si humainement, je souhaiterai pouvoir
humblement aider le plus grand nombre de jeunes à « grandir », mais la
vie est ainsi faite que nous devons tous forger notre propre destin en
faisant nos propres expériences. Rares sont ceux qui peuvent écouter les
« anciens » et prélever chez eux les conseils précieux leur permettant
de progresser plus vite.
En revanche, ce qui me regarde, ce qui me concerne, c’est que ce
jeune diplômé, aussi sympathique soit-il (ou pas), peut bien faire ce
qu’il veut, mais pas avec mon argent, et pas avec le vôtre, donc pas
avec le nôtre et pas avec les sous de la collectivité.
Il vient de faire un apprentissage, il est déjà fatigué, n’a pas
trouvé de sens, et se trouve très bien au chômage à nos frais à tous.
Je comprends parfaitement ses états d’âme.