
Marc Eynaud 28 janvier 2022
Romain
Lopez, maire de Moissac (Tarn-et-Garonne) et ancien attaché
parlementaire de Marion Maréchal, revient sur la question de l'éventuel
ralliement de l'ancienne députée de Vaucluse à Eric Zemmour.
Il regrette
que le Rassemblement national ait fait le choix, ces dernières années,
de se détourner de Marion Maréchal.
Marion Maréchal va-t-elle rallier Éric Zemmour ?
Je ne suis pas là pour répondre à cette question à la place de
Marion. La réponse lui appartient pleinement. J’ai pu échanger avec elle
sur de nombreux sujets, dont la présidentielle. Elle réfléchit. C’est à
elle de faire part de sa décision lorsqu’elle le souhaitera. Je ne sais
pas quelle sera sa décision définitive, mais elle ne soutiendra pas
Marine Le Pen, dont acte.
On a l’impression qu’entre Marion Maréchal et le
Rassemblement national c’était extrêmement froid. Êtes-vous surpris de
la décision de Marion Maréchal, si cela arrivait ?
Personne n’est surpris, et encore moins Marine Le Pen. Certains
parlent de trahison or Marion n’a plus sa carte du RN depuis plusieurs
années. Elle ne peut pas trahir un parti qu’elle a quitté depuis
quelques temps. Ce n’est pas Marion qui a quitté le Rassemblement
national, c’est le Rassemblement national qui n’a plus voulu de Marion
ces dernières années, et on ne peut que le regretter. Marion a été un
député au service de la cause nationale pendant cinq ans. Elle était
adorée des militants et elle arrivait à chaque fois en tête dans toutes
les élections internes. C’était un député travailleur, discipliné, qui a
tenté de faire entendre sa voix au sein du Rassemblement national et de
défendre ses thématiques et sa tactique. Elle a été force de
proposition durant la présidentielle de 2017, notamment en proposant de
faire des circonscriptions blanches. Tout cela n’a pas été entendu. Je
ne peux que le regretter. Donc aujourd’hui, ni Marine Le Pen, ni les
cadres du parti qui s’expriment sur cette décision de Marion, sur les
réseaux sociaux, ne sont surpris. Penser le contraire serait hypocrite.
On vous sent davantage déçu par votre propre parti politique que par cette éventuelle décision de Marion Maréchal…
Je trouve dommage que le Rassemblement national ait fait le choix,
ces dernières années, de se détourner de Marion. En effet, elle
représente un courant. Elle considérait que le combat culturel devait
être repris par la droite, pour faire tomber les digues et les complexes
des électeurs et élus de droite qui les empêchaient de se parler. Il y
avait un vide. Éric Zemmour, quoi qu’on en pense, a fait le choix de
combler ce vide. Je ne sais pas ce que cela donnera sur le plan
électoral, mais si Marion avait été entendue en 2017, peut-être qu’Éric
Zemmour aujourd’hui n’existerait pas, et nous n’en serions pas là.
Si Marion Maréchal franchit le Rubicon et rallie Éric Zemmour, quelle serait votre décision ?
Si Marion devait prendre cette décision, dans les prochaines
semaines, il y aura des conséquences sur la présence de nombreux cadres
et militants au sein du Rassemblement national. Je ne sais pas si cela
aura une influence sur le scrutin de la présidentielle mais, dans tous
les cas, cela aura une influence sur l’avenir du Rassemblement national
et sur une partie des Républicains, à l’issue de cette séquence
électorale qui s’achèvera avec les législatives en juin. Si le retour de
Marion se confirme, l’échiquier politique à droite va automatiquement
évoluer après juin 2022. Le Rassemblement national sera le premier qui
connaîtra ces évolutions.