Bruno Retailleau estime qu’Emmanuel Macron
est favorable à une Union européenne fédérale.
C’est une erreur
d’appréciation. De fait, le président de la République est favorable à
un État européen supranational et uniformisateur, même pas à une Europe
fédérale où les compétences de l’État fédéral et des États fédérés
seraient clairement délimitées.
L’Union européenne, telle qu’elle est
gouvernée depuis des décennies, considère qu’il n’y a, en fait, aucune
limite à l’extension de ses compétences dès lors que les États membres
acceptent de les abandonner entre ses mains. Et de façon définitive,
selon la jurisprudence de la Cour de justice de l’UE. Ce qu’ils ont fait
avec une régularité d’horloge, traité après traité. Avec le soutien
sans faille de sa famille politique qui les a soutenus « et porté sur tous les fonts baptismaux », pour reprendre la formule d’Éric Ciotti.
Et si personne ne veut de cette Europe-là, pour reprendre les propos
de Bruno Retailleau, l’oligarchie des partis dits de gouvernement, elle,
l’appelle de ses vœux. Faut-il rappeler, une fois encore, que le traité
de Lisbonne, qui revenait à très peu de chose près au projet de traité
portant Constitution pour l’UE rejeté par référendum, a été soutenu par
une écrasante majorité des députés LR ! Ciotti et Larcher en tête, aux
ordres de Sarkozy. Nous en revenons toujours à la même inconséquence qui
consiste à déplorer les effets des choix politiques faits par sa propre
famille politique et avec constance en matière européenne.
Mais là où la plaisanterie n’est plus drôle du tout, c’est lorsque le
président du groupe LR du Sénat suggère que le meilleur moyen de
défendre les intérêts de la France est de siéger au Parti populaire
européen (PPE). Or, cette formation proclame dans ses statuts la « volonté commune de fonder une Union européenne fédérale ». Projet qu’il reproche à Macron... Comprenne qui pourra.