par Charles Sannat | 28 Mar 2025 |
Mes chères impertinentes, chers impertinents,
Je connais mes classiques rassurez-vous.
Je connais le “Si vis pacem
para bellum” si tu veux la guerre prépare la guerre.
Mais cette locution
latine parfaitement juste n’est qu’une partie, une petite partie de
l’équation que j’appelle “guerre & paix”. Vous pourriez ajouter
utilement l’Art de la Guerre de Sun Tzu ouvrage militaire le plus ancien
puisque datant du 6ème siècle avant JC. Pour Sun Tzu la victoire ultime
qui doit être recherchée est celle qui s’obtient à moindre coût et la
plus belle des batailles est celle qui peut être évitée. Pas à tout prix
bien évidemment.
Je connais tout cela et bien plus encore sur la géopolitique,
l’histoire tout court ou militaire en particulier, sur la stratégie et
la dissuasion et j’ai aussi quelques notions en économie.
J’en suis arrivé à une conclusion.
Les dépenses militaires sont stériles économiquement. Toujours.Ces dépenses sont indispensables pour nous assurer collectivement
qu’un voisin animé d’intentions belliqueuses ne viennent pas nous
menacer. Nous sommes tous d’accord là-dessus.
Mais, même si ces dépenses sont nécessaires elles sont quand même stériles !
Il ne faut donc pas venir m’expliquer comme vous pourrez l’entendre
dans la deuxième partie de cette vidéo qu’avec les dépenses militaires
nous allons augmenter le PIB de la France et de l’Europe en produisant
des piles d’obus que nous allons stocker en espérant n’avoir jamais
besoin de les utiliser pour tout détruire, avec de l’argent que nous
n’avons pas et que nous allons emprunter pour payer des intérêts dessus
et que c’est une bonne idée économique.
Vous pourriez me dire que la Russie représente une menace
existentielle pour la France et qu’il nous faut nous réarmer massivement
pour nous protéger, mais pas me dire que grâce à l’économie de guerre
nous deviendrons riches !
Non.
Le réarmement est forcément stérile économiquement, soit nous
produisons des chars et des obus que nous stockons sans les utiliser ce
qui ne sert à rien, soit nous les utilisons et alors c’est pour tout
détruire ce qui est loin d’assurer une grande prospérité. Le réarmement
est donc une erreur économique fondamentale, tel qu’il nous est présenté
et imaginé par le Mozart du Palais. Il faut se réarmer juste ce qu’il
faut, et d’ailleurs si je suis contre le réarmement, c’est parce que je
suis pour le maintien en conditions optimales d’un système de défense
réel. Je n’ai jamais été de ceux qui voulaient encaisser les “dividendes
de la paix” en baissant la garde. Quand on ne baisse pas la garde, on
n’est pas contraint de la remonter quand on ne peut plus le faire. Mais
dire cela c’était du fascisme. Dire cela c’était passer pour un méchant
nationaliste alors que l’Europe c’est la paix. Brillant résultat de
l’aveuglement de ceux qui nous font des leçons aujourd’hui.
A un moment les faits doivent se traduire en pensées et en analyses !Justement, parlons de la réalité de la menace. Pour qu’une menace
soit existentielle il faut qu’elle soit immédiate, pas imaginaire. En
trois ans de guerre les faits vous montrent qu’il n’y a pas de guerre de
mouvements car l’hypersurveillance du champs de bataille et les drones a
changé la nature même de la guerre. Nous pensions avoir une guerre de
mouvement, nous avons une guerre de tranchées, comme en 14/18 mais
encore plus mortelle.
La Russie n’arrive même pas à reprendre le Dombass, et difficilement le territoire même de la Russie conquis par l’Ukraine !
Alors avant que les chars russes défilent à Paris, il faudra d’abord
envahir le reste de l’Ukraine et le reste des pays européens.
Cela ne veut pas dire qu’il ne puisse pas y avoir de menace russe.
Cela veut dire qu’il ne faut pas raconter n’importe quoi et qu’à un
moment les faits sont importants pour penser et analyser.
De la même manière les faits nous montrent qu’avec 3 400 milliards
d’euros de dettes nous n’avons pas les moyens de notre ambition
guerrière.