Marie d'Armagnac 15 février 2024
Cela faisait longtemps.
On annonce 70 à 90 % de grévistes
chez les contrôleurs de la SNCF, de vendredi à lundi prochain.
Soit
pour le week-end de milieu de vacances scolaires pour la zone C et au
début de celles de la zone A. Une attention particulière, nous dit-on,
sera portée au trafic en direction des Alpes afin de ne pas trop
perturber les départs vers les stations de sports d’hiver. Quand l’on
sait que moins de 8 % des Français vont skier, ces vacances sont surtout
l’occasion, pour les Français, de retrouver leurs familles. Un petit
tour sur les réseaux sociaux montre l’ire des Français, pris en otage,
une fois encore, une fois de trop.
Les syndicats de gauche, une force décidément anti-familles
Quelles sont les revendications des futurs grévistes, pour la grande majorité affiliés à SUD Rail et à la CGT ?
Julien Troccaz, secrétaire fédéral de SUD Rail, l’explique sur le plateau de LCI
lors d’une interview assez lunaire : les grévistes réclament la
revalorisation d’une prime de travail (qui existe déjà, en plus de leur
salaire de base) « qui prenne en compte les spécificités du métier
de contrôleurs, des engagements sur la prise en compte de la pénibilité
pour l’allongement des fins de carrière, le respect des engagements
signés en 2022 à l’issue de la grève de Noël ».
Le journaliste un peu interloqué lui rappelle qu’il y a eu 30 grèves,
nationales ou locales, en 2023, et déjà 8 en 2024, et que les salariés
de la SNCF bénéficient de nombreux avantages, dont la circulation quasi
gratuite sur tout le réseau, la réduction de 90 % pour le conjoint, les
fortes réductions pour les enfants, les 16 voyages gratuits par an…
avantages dont rêvent une bonne partie des Français, surtout depuis
l’augmentation vertigineuse des tarifs de la SNCF. Se déplacer est
devenu un luxe.
Un peu dépité, Julien Troccaz évoque les 1.500 euros de salaire de
départ, hors prime de travail, la pénibilité non prise en compte.
« Quelle pénibilité ? » lui demande le journaliste. Ils travaillent
parfois dès 6 heures du matin, et même parfois le dimanche, s’indigne le
représentant de SUD Rail.
Comme beaucoup d’autres professions qui, elles, n’ont pas la possibilité ni même l’idée de bloquer tout un pays.
Mais la grève de la SNCF, c’est encore la journaliste Emmanuelle Ducros qui en parle le mieux. Dans une chronique enlevée sur Europe 1,
elle rappelle que la SNCF a quand même recruté 450 contrôleurs en 2023,
650 en 2024, que 87 % des trains roulaient avec deux contrôleurs en
2023 et ce sera 100 % en 2024, qu’en trois ans, les salaires à la SNCF
ont augmenté de 17 %, jusqu’à 21 % pour les salaires les plus bas, alors
que l’inflation sur la période est de 13 %. Il n’y a pas de smicard à
la SNCF, poursuit-elle, les plus bas salaires sont 10 % au-dessus du
salaire minimum. Sans compter les primes sur les bénéfices, les primes
de logement, les primes de transport.