
13 mai 2023
/Réseau International
Quel boomer n’a pas, traînant sur une étagère des toilettes de sa résidence secondaire, le « Cette nuit la liberté » de Dominique Lapierre et Larry Collins ?
En vedette, Lord Mountbatten, « héros » de la Seconde Guerre mondiale, son échec lors de l’opération de Dieppe en 1942 ne l’empêche pas d’être promu commandant des forces alliées en Asie du Sud-Est.
Il est surtout l’icône de la décolonisation, le dernier vice-roi des Indes et dernier des rois du vice qui finira tué en 1979 par l’IRA en Irlande où, loin de son château de Broadlands, il avait ses petites habitudes.
Quand on voit à quelle engeance Dieu a donné la victoire, cela laisse songeur, mais on comprend mieux ce qui se passe aujourd’hui en Occident.
Les jeunes Canadiens et Anglais qui sont morts à Dieppe par centaines en une demi-journée ne savaient sans doute pas qu’ils combattaient pour la victoire de la pédophilie, nous, nous le savons : non seulement les « révélations » ci-dessous ne feront aucun tort à la mémoire de Mountbatten, mais, au contraire, elles ajouteront à sa gloire : dans le monde d’aujourd’hui – dont il est l’un des artisans – on attend juste que l’ONU propose d’inscrire les « Dilly boys » (garçons de Piccadilly) au patrimoine immatériel de l’humanité.
Joseph de Burca nous présente ici le livre d’Andrew Lownie sur les « amours des Mountbatten », en quelque sorte, tout ce que Dominique Lapierre a omis de nous raconter. Direction la verte Irlande.
Francis Goumain
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par Joseph de Burca
Le suicide du garçon du Kincora quelques mois après avoir été victime des abus de Mountbatten
Des rumeurs sur la pédophilie de Lord Mountbatten circulaient depuis longtemps en Angleterre mais un livre paru récemment a réussi à dénicher des preuves qui viennent confirmer de manière éclatante ce que les sources irlandaises, dont l’IRA provisoire, savaient déjà sur le sujet.
Les preuves sont si spectaculaires que les principaux titres de la presse anglaise tels que The Mail on Sunday, The Sunday Times et The Sun s’en sont fait l’écho. En particulier, le livre fait état d’informations sensationnelles sur le foyer de garçon Kincora à Belfast mais curieusement, alors que la presse anglaise ne se prive pas de s’étendre sur les abus de Mountbatten, le chapitre sur ce foyer est passé sous silence.

Le livre a pour titre « The Mountbattens : their Lives & Loves », son auteur Andrew Lownie est un historien sérieux et respecté qui a été un temps candidat aux élections législatives du parti conservateur et qui est toujours en bons termes avec nombre de députés de ce parti. Lownie est également l’auteur d’un livre sur Guy Burgess, « Stalin’s Englishman », livre qui présente, lui aussi, d’intéressants rapports avec l’Irlande.
Lownie s’est vu refuser par l’administration irlandaise l’accès à certains dossiers sur Mountbatten
Durant ses recherches biographiques, Lownie a essayé d’avoir accès à certains dossiers des archives de l’État irlandais, dont ceux de la Garda [Garda Síochána, police de la République d’Irlande] sur Mountbatten, mais ses demandes ont été rejetées. Ils pouvaient contenir certains éléments intéressants. Un ancien commissaire adjoint de la Garda, aujourd’hui décédé, a confié il y a quelques années à Village qu’il avait entendu des rumeurs dérangeantes sur les activités sexuelles de Mountbatten avant qu’il ne soit tué.
Une autre source à la Garda disait qu’il avait entendu des histoires selon lesquelles lors de son séjour en Inde, Mountbatten serait allé voir un jeune garçon de 14 ans.
Si dans les années 70 le renseignement de la Garda, dirigé alors par Larry Wren directeur du C3 [= la sûreté], savait quoi que ce soit des prédilections de Mountbatten, ou de la présence de voitures avec des plaques d’immatriculation nord-irlandaises, ou d’adolescents se rendant à la propriété de Classiebawn accompagnés d’hommes plus âgés, rien de tout cela ne l’a fait bouger.
À Classiebawn, La Garda avait une antenne de sécurité à la propriété de Mountbatten qui a forcément dû relever les plaques d’immatriculation des visiteurs. Ce qui veut dire que la Garda doit avoir des enregistrements sur la période d’août 1977 indiquant le passage de la voiture appartenant à Joe Mains, le directeur du fameux foyer de garçon le Kincora, puisque ce dernier y a emmené au moins deux garçons ce mois-là. Si ces relevés existent encore, seront-ils rendus publics par l’actuel commissaire de la Garda, Drew Harris (un ancien du RUC [Royal Ulster Constabulary, commissariat central de l’Ulster] et ancien homme de liaison avec le Mi5 du PSNi [Police Service of Northern Ireland]) pour permettre de prouver une bonne fois pour toutes qu’un réseau anglo-irlandais du vice existait et que Joe Mains en faisait partie ?
Alors que le scandale du Kincora a éclaté en 1980, ce n’est qu’à partir de 1982 que des allégations ont commencé à circuler dans la presse sur l’implication du Mi5 et du Mi6. Wren est devenu commissaire principal à la Garda au début de 1983. Il a développé des liens particulièrement étroits avec le renseignement britannique alors qu’il était à la tête du C3. S’il s’avère qu’il n’y a plus trace des enregistrements des passages de voiture à Classiebawn, il faudra ouvrir une enquête pour savoir s’ils ont été détruits sous la supervision de Wren. Pour plus d’informations sur l’étrange carrière de Wren au C3 on peut aller sur ce lien.



