Les propos de Danièle Obono selon lesquels le Hamas est « un groupe politique islamiste qui a une branche armée […] qui résiste à une occupation » a provoqué un tollé dans la classe politique.
M. Darmanin et l’association Jeunesse française juive ont engagé des actions judiciaires à son encontre pour « apologie du terrorisme ». Que l’on soit scandalisé par le propos étant donné l’horreur des crimes commis par les bandes du Hamas, véritables « colonnes infernales », est plus que légitime. Que l’on en soit étonné est étonnant.
Mme Obono et ses amis appartiennent à une mouvance révolutionnaire néomarxiste-léniniste et nombre de membres de LFI se revendiquent de Robespierre, y compris Mélenchon (entretien du 10/1/2017 pour Hérodote). Or, pour ces révolutionnaires, la lutte armée et l’élimination des adversaires sont légitimes. D’où le fait qu’ils comptent pour rien les ignominies de la République jacobine ou celles du communisme dont les victimes se montèrent à 100 millions de personnes pour le XXe siècle (Le Livre noir du communisme, Robert Laffont 1997).
Mme Obono applique donc sa lecture léniniste et wokiste à la situation de la Palestine et d’Israël dans un discours « décolonial » de la dialectique dominants/dominés, totalement hors de propos en l’occurrence. Le conflit entre Israël et la Palestine est en effet beaucoup plus complexe que cette vision binaire simpliste. Surtout, l’action terroriste du Hamas traduit d’abord une guerre de civilisation entre un islam conquérant - il l’a toujours été - et ce que l’on appelle la civilisation occidentale qu’incarne Israël. Le sort des Palestiniens, qu’il faudra un jour régler de façon équitable, est instrumentalisé pour nourrir cette guerre islamique armée dont l’instrument est la terreur.






