Chers amis,

Moment surréaliste à l’antenne de France Inter ce matin : la journaliste Léa Salamé recevait le Pr Jean-Daniel Lelièvre, chef de service des maladies infectieuses de l’Hôpital Henri-Mondor à Créteil.

C’est un spécialiste de la vaccination.

Plus tôt au cours de l’émission les journalistes évoquaient ce chiffre inquiétant : « 50% de la population est réticente à la vaccination »[1].

Horrifiée par cette « montée du discours antivaccin » la journaliste pose une question au Pr Jean-Daniel Lelièvre :

« Vous avez vingt secondes pour convaincre avec des mots simples quelqu’un qui ne veut pas se faire vacciner… de se faire vacciner »

Déjà, vous noterez le sous-entendu scandaleux de cette question : les personnes réticentes à se faire vacciner sont un peu bêbêtes, il faut les convaincre avec des mots simples.

Contre toute attente ce prestigieux scientifique est interloqué, puis répond :

« Je ne suis pas là pour convaincre, je suis là pour expliquer. C’est une question de balance bénéfice/risque et à l’heure actuelle nous n’avons pas tous les éléments pour s’assurer de l’absolue sécurité de ces vaccins »

Bravo pour votre honnêteté intellectuelle, Pr Lelièvre

On sent de la déception chez les journalistes dans le studio.

Léa Salamé pensait pouvoir enfin clouer le bec à ces arriérés d’« antivax » et les remettre dans le droit chemin.

Mais non, en tant que spécialiste de la vaccination, le Pr Lelièvre répond en scientifique et dit la vérité au sujet du prochain vaccin anti-Covid : on ne connaît pas son efficacité réelle, ni son innocuité à long terme.

Interrogé sur la danse du ventre du laboratoire américain Pfizer, qui a annoncé une efficacité de son vaccin « à 90% », puis a monté son chiffre à 95%[2] après qu’un autre laboratoire, Moderna, ait annoncé un vaccin efficace, lui, à 94,5 %[3]… le Pr Lelièvre répond :

« Il ne faut pas confondre efficacité scientifique et communication… Pfizer a voulu communiquer le premier (…) C’est gênant… »