Le 15/06/2017
Robin de La Roche
Les Français, qui n’ont jamais eu autant de motifs de tenter le coup, n’ont pas voulu de l’aventure FN, ni des candidats FN.
Je ne veux pas faire mon Bossuet de supermarché, mais lire sous des plumes proches du Front national l’étonnement devant – je cite – une France qui confie « son avenir à une start-up politique » a quelque chose de goûtu.
La sphère nationaliste n’a d’autre démarche, depuis trente ans, que de dire pis que pendre des leaders du marché de la politique intérieure.
LRPS ici, UMPS là, bref, tous les mêmes, tous pourris.
Dont acte.
La France a fini par entendre ce discours et y a trouvé elle-même sa solution : virons-les tous et choisissons un jeune !
Là s’est déclenché un processus plutôt amusant à regarder : les pourfendeurs du système, ayant réussi à convaincre l’électeur d’aller chercher du frais, s’offusquent maintenant que ledit électeur prenne du frais… mais pas celui prévu !
On lit, maintenant, sous les plumes marinistes ou marionistes, de grands cris de douleur devant ce peuple qui s’aventure, qui quitte les rives habituelles, qui s’offre à un aventurier, que sais-je encore… cela étant exactement le discours employé par les politiciens habituels… contre le vote FN !
Le ridicule ne tue plus personne.
Ajoutons l’ironie à l’amusement en rappelant la forte proportion de bonapartistes chez les souverainistes, qui fantasment autant que faire se peut sur l’aventure d’un jeune Corse autoritaire de l’époque révolutionnaire, mais rejettent avec dégoût celle d’un non moins jeune d’Amiens, le soupçonnant… d’autoritarisme !
La boucle de l’hypocrisie est bouclée.
Je comprends la tristesse des candidats FN aux législatives.
Je comprends la tristesse de ceux qui ont donné trente ou quarante ans de leur vie à ce parti.
Mais bon, force est de se rendre à l’évidence : le FN a créé une niche gigantesque dans un marché bondé, et c’est un concurrent plus neuf, plus frais, plus moderne, plus vif et plus intelligent qui s’est faufilé dans la brèche.