Je m’explique, en commençant par l’écologie. Pour avoir été agriculteur pendant de longues années, j’ai apporté ma modeste contribution à l’entretien du territoire, en luttant contre la déprise, en éloignant le ravageur, la mauvaise herbe, l’incendie, l’inondation, la maladie qui menace les cultures, en jugulant la friche qui ferme les chemins et le no man’s land qui abrite décharges sauvages et menus ou gros larcins. Bien sûr je ne produisais pas de coquelicots, mais des fruits et des légumes, je ne semais pas de plantes invasives, je me contentais de celles qui servent à nous alimenter.
Ensuite, parce que je n’arrivais plus à vivre de mon métier, je suis devenu un activiste. Non pas en saccageant gratuitement l’outil ou le travail de mon voisin, mais en défendant notre profession contre vents et préfets. Comme les activistes, mais pour des raisons diamétralement opposées, j’ai échangé avec les gardes du Cardinal de service et les archers du Roy quelques projectiles respectifs, bloqué des routes, utilisé la pyrotechnie lorsque les marchandises en provenance d’Espagne ou du Maghreb venaient usurper nos marchés, vider nos champs et, dans le Midi, ruiner nos paysans.
Donc à bien y regarder, j’étais un zadiste. Puisque j’avais moi aussi une Zone à défendre : l’agriculture.







