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lunes, 23 de mayo de 2022

L’Ukraine bientôt dépecée par les Alliés


Washington envisage de rattacher Lviv/Lwów à la Pologne comme ce fut le cas après la Première Guerre mondiale. 

À l’époque, une brève guerre ayant opposé les Ukrainiens aux Polonais pour le contrôle de la Galicie sur fond d’effondrement de l’empire austro-hongrois, la Conférence de paix de Versailles et la Société des Nations (SDN) décidèrent de rattacher administrativement cette région à la Pologne pour 25 ans, puis de convoquer un référendum d’auto-détermination.

L’idée principale était de renforcer la Pologne pour qu’elle fasse barrage à l’idéologie soviétique.

L’idée du Washington est aujourd’hui de faire mauvaise fortune bon cœur, en achevant son allié ukrainien pour renforcer la Pologne contre la Russie.

Considérant la guerre d’Ukraine comme perdue, Washington envisage de reconnaître le rattachement du Donbass, de Marioupol et de la Crimée à la Russie en échange du rattachement de la Galicie orientale à la Pologne (la Galicie occidentale est déjà polonaise). La question d’Odessa et de la Transnistrie reste indécise. L’Ukraine serait réduite à sa portion congrue.

Dans cette perspective, le président polonais, Andrzej Duda, s’est rendu à Kiev et s’est adressé à la Verkhovna Rada. Il a déclaré que l’Ukraine devrait être reconstruite aux dépends de l’« agresseur » et qu’il n’aurait pas de repos tant qu’elle ne serait incluse dans l’Union européenne. Au-delà de ces belles paroles, il venait s’assurer de ce que deviendrait l’Ukraine une fois sa défaite actée.

voltairenet 

jueves, 28 de abril de 2022

Quelle différence entre la sécession et le survivalisme ?


  April 27th, 2022

 

 En réponse à vos nombreuses questions d'hier sur la différence entre sécession et survivalisme, voici de premiers éléments de réponse.

domingo, 5 de noviembre de 2017

L’autre explication de la course vers l’indépendance de la Catalogne : la fin du secret bancaire à Andorre au 1er janvier 2018

Catalogne indépendance Andorre secret bancaire

 
On a peu parlé hors d’Espagne d’un aspect pourtant essentiel de la soudaine accélération de la course vers l’indépendance de la Catalogne : la levée du secret bancaire à Andorre à partir du 1er janvier 2018.
 
Les élections régionales anticipées de 2015 avaient donné une majorité relative au parlement catalan à la coalition indépendantiste Junts pel Sí (Ensemble pour le Oui, JxSí) intégrée par le parti de centre-droit CDC (Convergence démocratique de Catalogne) du président de la Généralité de Catalogne de l’époque, Artur Mas.
C’était un an après la consultation populaire sur l’indépendance (déjà interdite par le Tribunal constitutionnel espagnol) organisée par le président Mas.
En s’alliant au parlement à la CUP, parti indépendantiste d’extrême gauche, en échange du retrait d’Artur Mas, JxSí a pu former un gouvernement sous la direction de Carles Puigdemont, avec une feuille de route tablant sur une indépendance à la mi-2017, délai ensuite repoussé de quelques mois. Les mauvaises langues prétendent donc que le choix de la date n’est pas dû au hasard : à partir du 1er janvier 2018, en vertu d’un accord signé en février 2016 avec l’Union européenne pour l’échange automatique d’informations fiscales, la Principauté d’Andorre lèvera le secret bancaire couvrant jusqu’ici les comptes détenus par les étrangers.
Les données sur les fonds appartenant aux citoyens des pays de l’Union européenne seront divulguées aux administrations fiscales concernées.
  
L’indépendance de la Catalogne pour fuir la justice espagnole avant la levée du secret bancaire à Andorre

sábado, 4 de noviembre de 2017

José Maria Ballester : « L’image que donne Puigdemont est pitoyable ! »





Le 04/11/2017

Journaliste espagnol
 
 
José Maria Ballester fait le point sur les arrestations et les mandats d’arrêt lancés par la justice espagnole.


Les leaders sont tout d’abord M. Puigdemont, l’ancien président de la generalitat et qui a été destitué vendredi dernier, ensuite les membres de son gouvernement, madame Forcadell, ancienne membre du Parlement, et enfin les membres du bureau du Parlement régional catalan.
Monsieur Puigdemont se trouve en ce moment à Bruxelles avec quatre de ses anciens ministres régionaux.
Un mandat d’arrêt européen a été lancé contre eux.
Le reste des membres du gouvernement restés en Espagne a été placé en détention provisoire.
Parmi eux, il y a monsieur Junqueras, le vice-président de monsieur Puigdemont.

A votre avis, monsieur Puigdemont va-t-il être condamné ?

En tout cas, il va être jugé.
Il faudra voir son attitude dans les prochaines heures.
Il est désormais engagé dans une guerre d’usure politique et médiatique avec les autorités espagnoles. Il est en train de jouer au chat et à la souris.
L’image qu’il donne en ce moment est pitoyable.
S’il ne rejoint pas ses cinq anciens ministres désormais en prison, et qu’il reste à Bruxelles, cela ne sert pas sa cause.
C’est une stratégie très risquée.

Après l’indépendance de la Catalogne, joue-t-il désormais plutôt sa propre liberté ?

jueves, 2 de noviembre de 2017

Déroute des indépendantistes catalans : Puigdemont risque la prison

 
  par 2 novembre 2017
 
L’ex-président catalan Puigdemont, moderne général Boulanger, a fui en Belgique lundi dernier d’où il se refuse à rentrer en Espagne pour comparaître devant les juges de son pays.
 
Devant ces derniers, pour répondre aux accusations de rébellion, de sédition et de malversation, se sont présentés le vice-président de la Catalogne, Oriol Junqueras, et 8 autres ex-ministres destitués de la Généralité catalane.
Il a été requis contre eux la prison préventive et permit la liberté sous caution de 50 000 euros pour un seul d’entre eux, Santi Vila, qui avait démissionné avant la proclamation unilatérale d’indépendance de la Catalogne, le 27 octobre.
Mais pas de Carles Puigdemont à leurs côtés qui dénonce depuis Bruxelles un « procès politique ». Son avocat assure qu’il collaborera avec les autorités espagnoles et belges « si elles le demandent ».

domingo, 29 de octubre de 2017

L’Histoire bégaie en Catalogne

 
 




C’est tellement beau et romantique, une jeunesse qui fiche le bazar dans l’auberge espagnole – pardon, catalane.
 
« L’Histoire ne se répète pas, elle bégaie. »
On connaît cette phrase prêtée à Karl Marx.
Et pour la Catalogne, il semble bien que cela soit le cas puisque c’est la cinquième fois, en moins de quatre siècles, que la république y est proclamée !
Bien étrange proclamation, du reste, que celle de ce vendredi 27 octobre 2017.

« Nous constituons la République catalane comme un État indépendant et souverain, de droit, démocratique et social. »

De quel droit ?
Sur celui tiré d’un référendum contestable à tous égards.
Démocratique ?
Sur 135 députés, 70 ont voté pour l’indépendance, 10 ont voté non, deux se sont abstenus, les autres ayant préféré quitter les lieux pour ne pas se prêter à ce qu’ils ont sans doute considéré comme une mascarade.
C’est quand même court et un peu gonflé pour décider de se séparer du royaume d’Espagne après des siècles de vie commune !
Car, on semble l’oublier, ce n’est pas d’hier que date l’union de la Catalogne avec Madrid.
Le pacte dynastique entre le roi Ferdinand d’Aragon, comte de Barcelone, et la reine Isabelle de Castille fut conclu en 1472.
Notre Bretagne, elle, ne fut définitivement rattachée à la France qu’en… 1532.
Et c’est donc dans un Hémicycle à moitié vide qu’a été proclamée cette République catalane.
Les médias préfèrent s’attarder longuement sur les rassemblements de foule dans des plans serrés bien commodes.
C’est tellement beau et romantique, une jeunesse qui fiche le bazar dans l’auberge espagnole – pardon, catalane.
L’Histoire bégaie, donc.

sábado, 28 de octubre de 2017

NO PASARAN!!

 
L’image contient peut-être : 3 personnes, foule et plein air

Olivier Milza de Cadenet

C'est à croire qu'ils m'avaient entendu! Il y a quelques jours, sur radio Notre-dame, j'avais fait le pari que les ultra-"indépendantistes" catalans iraient jusqu'au bout.

Hoc fecit!
Et dans la bonne vieille ( très vieille) posture "révolutionnaire", c'est bien sûr le poing levé que les "héros" de la "démocratie populaire" ont à nouveau défilé dans la rue aujourd'hui.
Le but?
Je l'avais expliqué au micro de Louis Daufresne: provoquer une nouvelle fois l’État espagnol pour le "fasciser" ( comme les "Palestiniens de Gaza s'efforcent de "nazifier" Israël en la forçant à répliquer à ses attaques régulières),et l'amener à une répression - rendue désormais nécessaire par cette provocation - que l'on souhaite bien sûr brutale, sanglante.
Ah! Si on pouvait avoir des morts et les enterrer, à nouveau poings levés, la mine grave, selon le pathos habituel des communistes et comme dans les meilleurs pages de l"Espoir" de Malraux!!
La vérité?

La vérité c'est, comme l'a rappelé le Premier Ministre espagnol, qu'une minorité de jusqu’au-boutistes ont fait main-basse sur la question catalane, dans un véritable hold-up institutionnel.
Mais, plus largement,cette question "catalane" n'est qu'un leurre.
Une fois encore, une poignée d'activistes d'extrême-gauche, dans la mouvance de "Podemos", se sert de la question indépendantiste pour mener, dans le plus pur style léniniste, un putsch politique contre la droite espagnole, éternellement assimilée au franquisme, tant ces gens, fanatiques idéologiquement comme leurs prédécesseurs, depuis plus d'un siècle, sont incapables de voir l'Histoire muter.
Les soi-disant "autonomistes" me font penser aux islamistes du Hamas - dont ils sont d'ailleurs très proches dans une même détestation du "sionisme" - qui, se moquant éperdument de la question palestinienne, l'ont bel et bien phagocytée au service d'un djihadisme au service du Hezbollah et, à travers lui, de l'Iran.


L'appel au boycott des produits catalans court sur les réseaux sociaux

 
 
« Produits catalans ? Non merci. »  L'appel court réseaux sociaux formes 

« Produits catalans ? Non merci. » L'appel court sur les réseaux sociaux sous toutes ses formes - Matthias Oesterle/Zuma/REA
Le 27/10/2017
 
La campagne cible les grandes marques, mais ce sont les petites entreprises qui risquent d'en souffrir le plus.
 
« Produits catalans ? Non merci. »
L'appel court sur les réseaux sociaux sous toutes ses formes.
« Si c'est catalan, laisse-le dans le rayon, empêche les indépendantistes de se financer avec ton argent. »
« Un sou est un sou, il faut frapper au portefeuille. »
Les listes noires de produits fabriqués en Catalogne circulent sur Internet et les marques catalanes les plus connues sont dans le collimateur.
Difficile de connaître l'impact chiffré de la campagne.
Les grandes entreprises du cava, le vin mousseux catalan qui coule à flots en Espagne pendant les fêtes de Noël, sont aux aguets alors que s'ouvre la période de commandes.
Pas question de donner des chiffres qui pourraient enflammer un peu plus les uns ou les autres.
 
Nouvelles barrières mentales

Les entreprises sont en première ligne dans la guerre de positions entre Madrid et Barcelone.
Elles voient se fracturer la société et se dresser de nouvelles barrières mentales.
La région qui représente 19 % du PIB du pays a beaucoup à perdre, alors que les entreprises locales effectuent 35 à 40 % de leurs ventes vers le reste de l'Espagne.
À lire aussi

« Personne ne donne vraiment de raison, mais on voit des commandes annulées, des rendez-vous remis. Pour nous, il est clair que le fait d'être domiciliés à Barcelone est un handicap pour démarcher à Séville ou à Valladolid en ce moment », raconte la dirigeante d'une petite entreprise spécialisée dans le matériel d'exposition.
Elle calcule que son activité a plongé de 30 % depuis septembre et plus encore depuis la tenue du polémique référendum d'autodétermination, le 1er octobre.

Catalogne: le coup d’État est accompli

 


Le 28/10/2017



Que se passera-t-il lors des élections qui doivent être convoquées au plus tard dans six mois ?
 
Jeudi, c’était la journée du grand cirque, la bouffonnerie la plus extrême ayant remplacé ce qu’on appelait jadis la grande politique.
Un raccommodage entre Rajoy et Puigdemont (je l’avais déjà évoqué dans une de mes chroniques précédentes) était intervenu à la dernière minute, par lequel Rajoy lâchait absolument tout, accordait toutes les concessions possibles et imaginables, à la seule condition que l’indépendance ne soit pas formellement proclamée, l’argutie légale étant la dissolution du Parlement catalan par le président Puigdemont (ce dont celui-ci avait encore le pouvoir selon la stricte application de la loi espagnole) et la convocation de nouvelles élections autonomes.
À deux reprises, la comparution publique de Puigdemont pour l’annoncer urbi et orbi était cependant annulée.
Ce n’est qu’à la troisième annonce de comparution qu’il a enfin daigné parler pour annoncer… qu’il n’en était rien !
Il ne dissolvait pas le Parlement, il ne convoquait pas de nouvelles élections et il s’en remettait à la décision, aujourd’hui, du Parlement concernant la déclaration sécessionniste d’indépendance.
Ce qui s’est évidemment produit en début d’après-midi, après que tous les députés unionistes (Partido Popular, Ciudadanos et Partido Socialista), presque la moitié du Parlement, ont quitté l’enceinte. Presque en même temps, le Sénat espagnol, réuni à Madrid, votait à une écrasante majorité (seuls les sénateurs sécessionnistes et ceux de Podemos ont voté contre) l’application de l’article 155 de la Constitution, qui donne au gouvernement une véritable carte blanche pour contrer la sécession.

viernes, 27 de octubre de 2017

Le Parlement catalan déclare l'indépendance de la région

EN CONTINU : Le Parlement catalan déclare l'indépendance de la région

© Yves Herman Source: Reuters
 
Les catalanistes ont exulté à l'annonce de la déclaration d'indépendance

27 oct. 2017
 
Avec 70 votes pour, dix votes contre et deux votes blancs, le parlement catalan a déclaré l'indépendance de la région, alors que le Sénat espagnol se réunit pour voter la suspension de l'autonomie de la Catalogne.

source

Image associée
 
MESSAGE DU ROI D'ESPAGNE

 Una, Grande, Libre !

Chers Concitoyens,

Ce 26 octobre à 17h30 la présidente du parlement de la communauté autonome de Catalogne a proclamé l'indépendance d'une République de Catalogne.
Conformément à l'article 62 de la constitution j'ai pris le commandement des forces armées, qui d'après l'article 8 ont pour mission de défendre l'intégrité territoriale et l'ordre constitutionnel.
A 17h45 les premiers éléments du 4° Régiment d'Infanterie Parachutiste se sont posés sur le parc de la Citadelle de Barcelone.
A 18h00 le 1er Bataillon avait déjà bloqué toutes les issues du parlement catalan, tandis que le 2° Bataillon le couvrait face aux Mossos d'Esquadra sur la périphérie du parc.
Après avoir débarqué à partir de 18h30 le 1er Bataillon du 5° Régiment d'Infanterie sur l'esplanade, le 5° Bataillon d'Hélicoptères de Transport a transféré à Madrid les membres du parlement de Catalogne, y compris le président et le vice-président du gouvernement catalan.

lunes, 23 de octubre de 2017

Rajoy le pantouflard a enfin chaussé les bottes

 


Le 23/10/2017
Écrivain et journaliste espagnol
El Manifiesto

Pourquoi un tel changement ?

« L’imprévu dans l’Histoire : n’oubliez jamais que l’Histoire n’avance ni de façon droite ni prévisible. Elle nous surprend presque toujours ! », me disait Dominique Venner lorsque, peu avant son sacrifice, je lui faisais part d’un certain découragement qui m’avait pris.
Voilà « l’imprévu dans l’Histoire » pleinement à l’œuvre dans la grande crise catalane.
Car si celle-ci était parfaitement prévisible, l’imprévisible, le stupéfiant, c’est la façon dont les choses sont en train de se dérouler – en aboutissant, semble-t-il, à l’échec final de la rébellion.
Commençons par le dernier grand événement : la mise sous responsabilité directe de l’État espagnol, et pendant six mois, de l’ensemble de l’administration catalane – police, finances, écoles, télévision publique y compris –, mesure qui sera votée vendredi prochain au Sénat par l’ensemble des partis politiques, à la seule exception des indépendantistes régionaux et de leurs alliés de Podemos.
Qui aurait pu prévoir, il y a encore deux jours, que Rajoy, le Timoré, comme je l’ai appelé ici même, allait soudain faire preuve d’une telle fermeté ?
Lorsque 1.200 grandes entreprises (dont les banques) ont déjà pris la clé des champs catalans ; lorsque le tourisme s’effondre littéralement ; ou lorsque, au milieu d’une grande débâcle diplomatique, l’Union européenne proclame haut et fort qu’une Catalogne détachée de l’Espagne n’aurait jamais sa place au sein de l’Union ; en un mot, lorsqu’il est sûr et certain qu’une Catalogne indépendante se précipiterait dans le gouffre, qui aurait pu imaginer que, dans de telles circonstances, les chefs du soulèvement, têtus comme des mules, allaient continuer à se jeter dans l’abîme ?
Personne, bien sûr.
Personne n’aurait pu imaginer qu’ils refuseraient le Grand Fricotage que le gouvernement de Madrid leur a proposé, lors de négociations secrètes qui se sont tenues, à l’initiative surtout d’une faction du gouvernement.
Le marché, selon mes sources dignes de toute confiance, était celui-ci : renonciation à l’indépendance juridique, en contrepartie de quoi la Catalogne obtiendrait une presque indépendance de facto sous la forme d’une confédération « à la belge ».

viernes, 20 de octubre de 2017

« La Catalogne bientôt mise sous tutelle devrait déclarer son indépendance pure et simple » L’édito de Charles SANNAT


« La Catalogne bientôt mise sous tutelle devrait déclarer son indépendance pure et simple » L’édito de Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,
 
Montée des tensions en Espagne et donc en Europe, montée des inquiétudes.
 
Comme je vous l’ai toujours dit, l’euro est bien plus fragile que le dollar, parce que le dollar est la monnaie d’un pays qui a déjà fait son unité, alors que l’euro est la monnaie d’une Europe bien en peine pour passer à l’étape supérieure de sa construction à savoir…
l’Europe unie et fédérale, ne formant plus qu’un État.
Nous voyons bien cet état de fait avec le problème catalan particulièrement prégnant aujourd’hui.
Madrid a convoqué un conseil spécial des ministres qui devrait déclarer samedi (les marchés seront fermés) la mise sous tutelle de la Catalogne en application de l’article n°155 de la constitution espagnole qui permet au gouvernement central de suspendre tout ou partie de l’autonomie d’une région si celle-ci viole ses obligations légales, ce qui est manifestement le cas d’une région déclarant son indépendance.
La Vanguardia, qui est un grand quotidien ibérique, écrivait d’ailleurs toute son inquiétude pour une région ayant une langue et une culture propre, fière de son autonomie ; pour le quotidien, une telle mesure pourrait déclencher un « affrontement civil ».
À ce jeu-là, comme à chaque fois, ce sont les plus motivés qui l’emportent, et les modérés sont rarement entendus, alors qu’évidemment, ils sont très nombreux à ne pas vouloir, à défaut d’une véritable guerre civile, des affrontements violents au sein même de la nation espagnole.
 
Se réveiller lundi prochain, le 23 octobre, avec un nouveau pays en Europe !

Voilà ce qu’il risque de se passer, et la boîte de Pandore sera ouverte.

jueves, 12 de octubre de 2017

La République bananière de Catalogne proclame et ne proclame pas l’indépendance




Écrivain et journaliste espagnol
Quelle bouffonnade, quelle farce, quel ridicule ! La République indépendante de Catalogne, proclamée ce mardi 10 octobre, n’aura duré que… 8 secondes.
 
Quelle bouffonnade, quelle farce, quel ridicule !
La République indépendante de Catalogne, solennellement proclamée ce mardi 10 octobre, n’aura duré que… huit secondes, le temps pendant lequel les députés séditieux se sont levés, ont applaudi… et le président du putsch a poursuivi son discours en demandant que les effets de la proclamation qu’il venait de faire soient suspendus afin d’entamer « un dialogue » avec le gouvernement espagnol.
Et comme si les choses n’étaient pas suffisamment entortillées, deux heures plus tard, lorsque la séance parlementaire était déjà terminée, l’ensemble des députés sécessionnistes ont signé un document (sans nulle valeur juridique, d’ailleurs) où la suspension précédente a été à son tour suspendue et l’indépendance (re)proclamée, en même temps que la nature du « dialogue » était cette fois-ci clairement précisée.
La main généreusement-tendue-en-vue-du-dialogue renfermait dans son poing la volonté de négocier purement et exclusivement… les conditions de la reddition de l’Espagne – ce que tout le monde avait, bien sûr, parfaitement compris, sauf les journaux étrangers qui sont tombés dans le panneau (c’était l’un des buts de la manœuvre) en titrant sur « l’offre de dialogue de la Catalogne ».
Cela étant, le gouvernement Rajoy s’est enfin décidé à entamer la procédure de suspension de l’autonomie catalane, en appliquant l’article 155 de la Constitution.

martes, 10 de octubre de 2017

La déception s'empare des partisans de l'indépendance catalane après le discours de Puigdemont

 
La déception s'empare des partisans de l'indépendance catalane après le discours de Puigdemont

© Capture d'écran Twitter@Aldin_ww

L'espace de quelques secondes, les indépendantistes catalans ont cru que leur rêve devenait réalité

Prenant le parti de ménager Madrid sans froisser les indépendantistes, le discours de Carles Puigdemont n'a pas suscité l'adhésion de ses partisans.
Présent sur place, l'envoyé spécial de RT France a pu constater leur déception.
Les indépendantistes catalans avaient placé de grands espoirs dans le discours de Carles Puigdemont ce 10 octobre, y voyant une occasion unique de proclamer solennellement l'indépendance de la République de Catalogne.
Mais le président catalan a opté pour un compromis, faisant une déclaration implicite d'indépendance, dont il a immédiatement suspendu les effets pour ouvrir la porte au dialogue et à la négociation avec Madrid.
A Barcelone, le correspondant de RT France a pu constater la déception et la confusion des Catalans venus suivre le discours sur des écrans géants.


Nombre d'entre eux ont eu du mal à digérer la tournure prise par les événements, et on rapidement déserté la place où ils espéraient quelques minutes auparavant encore célébrer la naissance de leur Etat.


Alors que des cris de joie avaient accueilli la déclaration – à demi-mot – d'indépendance, le journaliste de RT France a filmé les sifflets de la foule lorsque Carles Puigdemont a annoncé sa suspension immédiate.

lunes, 9 de octubre de 2017

¡ España, una, grande y libre !

 




 
Tel le Phénix, l’Espagne est en train de renaître de ses cendres.

Un peuple ramolli, incapable de ressentir la moindre émotion, le moindre élan pour le sort collectif de sa nation, le voilà qui, soudain, tout d’un coup, réveillé grâce au révulsif extraordinaire représenté par la sécession catalane, est en train de se reconnaître, de s’affirmer en tant que tel pour la première fois depuis quarante ans de règne démocratique.
Il est là, au moment même où, pour écrire ces lignes à chaud, je me retire un instant de la manifestation monstre qui, ayant collapsé les rues de Barcelone, s’y déroule aujourd’hui, avec un nombre impossible à évoluer de manifestants – plusieurs centaines de milliers, certainement –, la plupart des Catalans opprimés pendant toutes ces années noires, auxquels sont venus se joindre de nombreux Espagnols provenant des autres régions du pays.
Quelles sont les issues possibles à l’heure actuelle ?

1) Le gouvernement putschiste de la Generalitat n’a, en ce moment – surtout après que les banques et les grandes entreprises ont pris, vendredi, la poudre d’escampette –, qu’un seul souhait : faire marche arrière.
Ils se sont enfin rendu compte de la poudrière où ils étaient en train de s’enfoncer eux-mêmes.
Mais ils en craignent les conséquences.
D’abord, ils perdraient honteusement la face comme jamais aucun gouvernement ne l’a perdue. L’autre conséquence serait la menace manifeste que les hordes gauchistes du CUP et de Podemos se lancent dans la rue de la façon la plus violente possible.

jueves, 5 de octubre de 2017

Le ciel s’assombrit pour l’économie catalane


   
     
© David Ramos / Getty Images
Ram Etwareea Publié jeudi 5 octobre 2017
 
L''incertitude politique et les grèves successives en Catalogne commencent à peser sur l’économie de la région indépendantiste.
 
La deuxième banque catalane, Banco de Sabadell, a décidé jeudi de transférer son siège social hors de Catalogne, plus précisément à Alicante.
L’agence de notation S&P a placé la région espagnole sous surveillance négative.
CaixaBank et Banco Sabadell craignent de leur côté une crise de liquidités.
La seconde a annoncé qu’elle délocalisait son siège social hors de Catalogne
L’impasse politique en Catalogne et l’escalade de la confrontation avec l’Etat espagnol commencent à inquiéter les milieux économiques et financiers.
Jeudi, S&P Global Ratings a placé la note de la dette catalane en surveillance négative.
Mais l’agence de notation américaine a averti que, sans une amélioration de la situation dans les trois mois, elle pourrait baisser la note, mettant ainsi en doute la capacité de la région indépendantiste à rembourser ses créances à temps.
 
La dette catalane détenue à 62% par l’Etat espagnol

Selon Eric Dor, directeur des études économiques à l’Ieseg School of Economics de l’Université catholique de Lille, l’avertissement n’est pas injustifié.
La dette catalane s’élève à 80 milliards d’euros, soit 35% de son produit intérieur brut (PIB).
«Près de 62% de cette dette sont détenus par l’Etat espagnol, explique-t-il. Lors de la crise de la dette souveraine de 2012, la Catalogne, en tant que région décentralisée, avait bénéficié des prêts d’un fonds national mis en place pour financer les régions en difficulté.
Avec la garantie des instruments européens, Madrid pouvait emprunter sur les marchés à faible taux et ensuite prêter aux régions avec des facilités de remboursement.»
Le professeur relève également que le gouvernement espagnol vient de menacer de fermer le robinet de crédit en guise de mesure de rétorsion.

Lire aussi: En cas d’indépendance, la Catalogne prend un risque économique

« Independence Day… La dislocation d’un État de la zone euro en direct » L’édito de Charles SANNAT

 

« Independence Day… La dislocation d’un État de la zone euro en direct » L’édito de Charles SANNAT                 

par Charles Sannat | 5 Oct 2017 |
 
Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,
 
Comme j’ai pu déjà le dire, l’histoire souvent se déroule assez lentement pendant des périodes de stabilité relative pouvant sembler longues, puis brutalement l’histoire s’accélère.
 
C’est une de ces accélérations que nous vivons aujourd’hui avec la crise politique sans précédent qui secoue l’Espagne et la menace d’explosion, une explosion qui peut potentiellement s’avérer catastrophique aussi bien pour la péninsule ibérique que pour le reste de l’Europe.
Enfin, disons plutôt pour le reste des pays européens, eux-aussi menacés par les tentations séparatistes de certaines régions.

La stratégie européenne ? Détruire les États pour faire exister l’Europe fédérale
 
Cela fait des années pour ne pas dire des décennies que l’Europe politique poursuit son rêve d’existence et de puissance. Pour rendre réelle l’existence de cet État européen utopique, il faut évidemment éradiquer les États.
C’est ce qui est consciencieusement fait depuis 40 ans avec ce que l’on appelle la « construction européenne ».

Derrière la construction européenne se cache la destruction des États.
 
Pour détruire les États, c’est l’euro, l’immigration, le dumping fiscal et social qui ont été utilisés de même que l’élargissement de l’Union.
Petit à petit, à force de traités, la souveraineté des pays a été anéantie.
Parallèlement, il a toujours existé la volonté de la part de l’Europe de favoriser l’indépendantisme des grandes régions pour casser définitivement les nations.

L’armée espagnole fait mouvement vers la Catalogne

 


Le 05/10/2017
                 
Écrivain et journaliste espagnol
 
Une vingtaine de camions de l’armée de terre sont partis hier soir d’une base militaire près de Saragosse pour Barcelone, où ils sont arrivés ce matin.

Une vingtaine de camions de l’armée de terre sont partis hier soir d’une base militaire près de Saragosse (Aragon) pour Barcelone, où ils sont arrivés ce matin à l’aube.
Il s’agit, certes, de camions de logistique destinés à appuyer les forces de la police et de la Guardia Civil (équivalent de la gendarmerie), le matériel lourd emmagasiné dans les casernes catalanes devant suffire amplement.
C’est, de toute façon, un signe et un premier pas vers un affrontement qui apparaît de plus en plus comme inévitable face à l’entêtement des sécessionnistes qui ne seraient prêts à parler que d’une seule chose : des conditions de la reddition de l’Espagne face à leurs exigences d’indépendance.
Mais ils oublient que, pour que l’ennemi se rende, il faut d’abord avoir gagné la guerre.
La vraie : non pas la guerre de propagande, qu’ils ont certes gagnée avec la pantalonnade du faux référendum de dimanche et les erreurs et bêtises commises par Rajoy.
Quant à la guerre pour de vrai, les sécessionnistes disposent certes de 17.000 Mossos d’Esquadra (la police autonome).
Mais c’est tout.
Donc…
Mardi soir, le roi a enfin parlé.
Il s’est adressé à la nation dans une allocution empreinte du langage diplomatique propre à un monarque, mais suffisamment plein de clarté et de fermeté pour que tout le monde ait compris le message.
L’essentiel a tenu en deux phrases : l’une présente, l’autre absente.

miércoles, 4 de octubre de 2017

Catalogne: comment l’Europe dévore ses propres enfants

 
 
 
 
Le projet d’indépendance que la Catalogne pousse depuis plusieurs mois constitue désormais une date-clé pour l’Europe entière.
 
C’est son moment de vérité contemporaine: celui où les États-membres comprennent que leur appartenance à l’Union les condamne à disparaître.
Au passage, le mythe de l’Europe garante de la paix pour ses peuples prend dangereusement l’eau.

Que les adorateurs de l’Union Européenne ne nous ont-ils servi sur la bienveillance et les vertus pacifiques de cette construction, bureaucratique certes, mais si protectrice de la paix entre les peuples, si vertueuse pour un continent trop agité, si intelligemment fondée sur ses régions, blabla, blabla, blabla?
Emmanuel Macron lui-même ne manque pas, dans ses fréquents discours sur l’Europe, de faire l’apologie plus ou moins explicite du fédéralisme.
Et chacun sait que ce fédéralisme ne peut reposer que sur les régions européennes et non sur ses bons vieux États-nations désormais cités au ban de l’obscurantisme et de la barbarie.
Et paf! voilà le passage de la théorie à l’examen pratique: une région européenne demande son indépendance dans le cadre de l’Union.
C’était donc ça qu’il fallait comprendre dans l’exaltation du traité de Rome?
Le début d’un lent et long chemin dont l’étape finale s’appelle désintégration des États-nations, le fourmillement régional jusqu’aux déclarations unilatérales d’indépendance.
 
L’Europe des régions, ou l’Europe qui dévore ses enfants
 
Certains ont pu naïvement croire que l’Union Européenne assurait le triomphe des bisounours. L’Europe, c’est l’amour sans nuage entre les hommes.
D’un seul mouvement, on peut y dénigrer les nationalismes et les souverainismes, symboles de l’âge de pierre, la paix entre les nations, l’amour des régions et les vertus du fédéralisme.
Tout y est beau et pur.
Et puis un jour, les fédéralistes poussent la logique jusqu’au bout et demandent à changer les frontières des États-membres qui fondent l’Union.
La Catalogne est liée à la couronne d’Espagne depuis le XIIè siècle.