Nicolas Gauthier 21 novembre 2022
En France, il n’aura échappé à personne que le climat général n’est pas exactement en voie d’apaisement.
Il y a la délinquance, évidemment. En 2021, selon le service statistique ministériel de la sécurité intérieure cité par Les Échos, on constate un bond
de 12 % des agressions crapuleuses et intrafamiliales. Dans le même
temps, viols et tentatives de viol augmentent de 32 %, tandis que trafic
et consommation de stupéfiants
retrouvent leur niveau d’avant le confinement, avec une hausse
conséquente de cette dernière. Bref, les compteurs sont au rouge.
Ce qui se vérifie également dans la rue, lors de manifestations de
plus en plus propices aux débordements, qu’ils soient le fait des
manifestants ou des forces de l’ordre. Avec une différence, toutefois :
CRS et gendarmes ont la matraque autrement moins lourde dès lors qu’il
s’agit de contenir écologistes radicaux et Black Blocs, surtout quand
s’y mêlent des élus de la République, telle Sandrine Rousseau, défilant
le 29 octobre contre le projet de méga-bassines, à Sainte-Soline, dans
les Deux-Sèvres. Résultat ? Trente blessés chez les trublions et 61 chez
les gendarmes. En revanche, les forces de l’ordre prennent moins de
gants dès lorsqu’il s’agit de contenir d’autres manifestants, peut-être
parce qu'ils ne bénéficient pas des mêmes soutiens politiques et
médiatiques.
La preuve par la manifestation parisienne de ce samedi 19 octobre.
Les gilets jaunes fêtaient le quatrième anniversaire de leur mouvement : la retenue était déjà moins de mise. Ces représentants de la France
périphérique ont malheureusement l’habitude : ils n’ont pas oublié les
yeux crevés et les mains arrachées. D’où cette vidéo où l’on voit une
horde d’argousins, casqués et bottés, se ruer contre quelques centaines
de manifestants (680 exactement, selon la préfecture de police). Un
homme sortant d’un immeuble se fait gratuitement frapper au visage par
une sorte de Terminator en armure. Pourquoi, alors qu’il ne présente
manifestement pas le moindre danger ?
Si telle est la stratégie du gouvernement pour apaiser la situation,
alors que cette jacquerie n’est toujours pas éteinte, il est à craindre
que la concorde civile ne soit pas pour demain.