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lunes, 27 de diciembre de 2021

Amélie de Montchalin refoulée d’un avion : les arrangements de Libé avec la vérité


 

 Bécassine prend l'avion

Frédéric Sirgant 26 décembre 2021 

Il y a plusieurs façons de prendre cette « affaire » qui a tourné sur les réseaux sociaux, ce 25 décembre, sous les hashtags #MontchalinGate ou encore #MontchalinDemission.

 Affaire avec beaucoup de guillemets, convenons-en, car il n’y a ni d’homme ni détournement de millions. Seulement quelques petits arrangements avec la vérité, d’une part, par un ministre en vue du Castex, d’autre part par un journal – Libé – qui s’est fait une spécialité de traquer certaines « fake news » via sa rubrique « CheckNews ».

Par où faut-il commencer ? Par le parcours du combattant administratif d’un ministre souhaitant passer Noël en famille en Haute-Savoie et prenant, par conséquent, un avion pour Genève. Un ministre qui se heurte à la complexité changeante des règles sanitaires mais qui, contrairement à vous et moi, dispose d’un cabinet pour être irréprochable. Ledit cabinet a d’ailleurs argué de cette complexité dans ses explications à Libé : « Il se trouve que les conditions pour voyager peuvent changer assez rapidement en fonction des pays ou des compagnies. On a donc demandé à l’ambassade si Amélie de Montchalin avait besoin de faire un test ou si le suffisait, puisqu’elle ne faisait que passer par Genève, comme beaucoup de frontaliers. » Au passage, on devrait peut-être tous appeler pour savoir si notre dose, c’est à 3, 4 ou 5 mois. Notre isolement à 5, 7, 10 ou 17 jours. Notre entrée au café avec passe ou passe + test… Ce serait donc l’ambassade de France qui aurait indiqué au cabinet qu’il n’y avait pas besoin d’ajouter le test au passe, pour faire vite. Quiconque transite par Genève sait que c’est bien le menu test ET passe qui est servi à tous. Légèreté de l’ambassade ? Sentiment que, pour une VIP, la règle helvète pourrait s’assouplir ? On ne saura certainement jamais et peu importe.

Mais toujours est-il que, non testé, le ministre a bel et bien été refoulé du vol qu’il voulait prendre. Traduit par son cabinet : « Arrivée à la porte d’embarquement à l’aéroport [de Roissy], on lui a signifié qu’il fallait en fait un test antigénique. Elle est donc allée en faire un à l’aéroport, et a pris le vol suivant, environ une heure plus tard, en prenant un nouveau billet. »

Sur Twitter, c’est Jacques Clostermann, ancien pilote de chasse et pilote de ligne, qui, le premier, a levé ce lièvre du 25 décembre, pensant d’abord que le ministre n’avait pas de passe. Libé s’est immédiatement jeté sur lui, se contentant de relayer les dires du cabinet du ministre.

lunes, 13 de abril de 2020

Du traité de Maastricht au coronavirus : le lent et long naufrage d’une certaine élite mondialisée






2020
avril
13

 


Il peut paraître capillotracté d’établir une filiation (pour ne pas dire une conséquence !) directe entre le traité de Maastricht tel qu’il fut et est toujours reçu en France, et le naufrage affolant qu’est la gestion de la pandémie de coronavirus par les services de l’État.

Et pourtant, cette filiation explique les proportions du naufrage auquel nous assistons.
Le traité de Maastricht a en réalité consisté à remettre les clés du service public à une élite administrative incontrôlable, arrogante et peu compétente.




Le traité de Maastricht trouve, dans le naufrage des services publics français face au coronavirus, une sorte de fin de partie tragique.
Le confinement n’est d’ailleurs pas encore fini, mais déjà les armes s’aiguisent pour demander des comptes à la technostructure qui a commis tant de bévues et qui montre autant d’incompétences : commandes stupéfiantes de masques pour protéger les soignants lancées après la bataille, incapacité à coordonner les soins et les tests, à faire respecter le confinement, à transmettre des consignes de sécurité claires et efficaces.
Cette accumulation de fautes lourdes aura causé la mort de nombreux innocents.
Mais comment avons-nous pu confier les rênes du service public à autant d’incompétents ?

Un service public confié à une technostructure hors de contrôle
 La scène a frappé les participants.
 Lorsqu’Emmanuel Macron a rendu visite au professeur Raoult, à Marseille, grand promoteur de l’hydroxychloroquine, il était accompagné de Jean-François Delfraissy, immunologue qui conduit les travaux du conseil scientifique dont l’hostilité à ce traitement est bien connue.
Durant l’entrevue, Delfraissy a ostensiblement fait la moue pour manifester son opposition au professeur Raoult, et minorant ainsi par avance l’avis du Président lui-même.
Ce détail en dit long sur le poids de la technostructure dans la décision politique.
Plus un choix politique ne peut intervenir en France sans qu’il ne soit « contresigné » par un haut fonctionnaire, qu’il soit administrateur ou médecin ou ingénieur.
La technostructure se comporte comme un gouvernement profond qui est le seul juge de son action… et de l’action des élus.
On n’épiloguera même pas ici sur l’appartenance structurelle, pour ainsi dire ontologique, des deux derniers présidents de la République, à cette technostructure, qui devrait pourtant calmer les ardeurs. Même lorsqu’un des leurs siège à l’Élysée, les technocrates français en veulent plus, toujours plus, et ne cachent pas leur mépris pour les choix en principe souverains des élus, même lorsque ceux-ci sortent de leurs rangs.
En France, il existe une caste qui a transformé le service public en jouet, en chose, en objet tout entier à son service, selon une logique simple : les technocrates savent ce qui est bon pour l’intérêt général et doivent garder le monopole de sa délivrance, quel que soit le résultat sorti des urnes.