
C’est Jean, en CM1, qui l’annonce fièrement à son papa ce matin : « Aujourd’hui, à l’école, ce sera journée éco-citoyenne ! »
Au programme, fabrication en carton – recyclable, on s’en doute – d’une maquette montrant le circuit de traitement des déchets.
On suivra le passionnant parcours de tous ces produits que l’on vend, que l’on achète et que l’on jette à un rythme toujours plus infernal. Et on en fera une belle exposition de premier trimestre, en papier crépon, pour sensibiliser les parents après avoir enseigné aux enfants. Pour Noël, ce sera toujours mieux que de chanter devant un arbre mort.
En parallèle, on n’aura pas oublié d’acheter les aliments de la cantine à des centrales ignorant les circuits courts, de jeter à la poubelle la moitié des salsifis-cordon bleu surgelés honnis de nos petites têtes blondes et de surcharger le cartable de cahiers dont un petit quart des 96 pages sera finalement noirci. Car il faut bien le reconnaître et l’accepter, l’école du nouveau monde ne peut laisser qu’un temps infime à l’instruction. L’urgence, elle est climatique, elle est sanitaire, elle est écologique.


