par | 4 Déc 2024 |
Mes chères impertinentes, chers impertinents,
Comme vous le savez, dès que l’on râle sur l’état de la démocratie en France, le bien-pensant du camp du bien vous rétorque “tu n’as qu’à aller en Corée du Nord tu verras qu’on est mieux ici”, ce qui est un argument affligeant puisque vouloir une démocratie vivante, aboutie et fonctionnelle n’est tout de même pas une demande politique scandaleuse, surtout dans un pays comme la France.
A propos de Corée du Nord il est intéressant de voir déjà ce qui se passe en Corée du Sud… qui comme vous le savez, n’est, comme la France… pas la Corée du Nord !
Parce qu’en Corée du Sud, il y a quelques petites tensions politiques entre un président et son Assemblée nationale qui ressemble fortement et à s’y méprendre à une situation que nous connaitrions ici. Il y a même une petite musique qui commence à poindre… sur l’article 16 justement. Commençons par la Corée du Sud, avant d’évoquer la France, que j’aime à qualifier de Corée de l’Ouest pour faire braire tous les bien-pensants du camp du bien.
Le président Yoon Suk Yeol a fait cette déclaration extraordinaire après des mois d’impasse avec son opposition politique.
Source New-York Times ici.
Le président sud-coréen Yoon Suk Yeol a déclaré mardi la loi martiale d’urgence, accusant l’opposition de fomenter une « insurrection » et de « tenter de renverser la démocratie libre ».
C’est la première fois qu’un président sud-coréen déclare la loi martiale depuis la fin de la dictature militaire dans le pays à la fin des années 1980. M. Yoon, qui a été élu président en 2022, s’est trouvé dans une impasse politique quasi permanente avec l’opposition, qui contrôle le Parlement.
Dans un discours télévisé national mardi soir, M. Yoon a dénoncé l’opposition pour avoir utilisé à plusieurs reprises sa majorité à l’Assemblée nationale pour mettre en accusation des membres de son cabinet et bloquer l’adoption des plans budgétaires de son gouvernement.
Cela a « paralysé l’administration », a déclaré M. Yoon. « L’Assemblée nationale, qui aurait dû être le fondement de la démocratie libre, est devenue un monstre qui la détruit.
Les chaînes d’information sud-coréennes rediffusent toutes le discours du président, prononcé il y a environ une heure. On ne sait pas exactement ce que la loi martiale implique et ce qui changerait immédiatement en Corée du Sud. Mais les législateurs de l’opposition dénoncent déjà le président.
Mardi soir, Lee Jae-myung, le chef de l’opposition sud-coréenne, a demandé aux citoyens de se rassembler à l’Assemblée nationale, alors qu’il s’y rendait lui-même. « Il n’y a aucune raison de déclarer la loi martiale. Nous ne pouvons pas laisser faire !
🇰🇷 Le président sud-coréen Yoon Suk Yeol a déclaré la loi martiale lors d'une allocution télévisée, affirmant que cette mesure était nécessaire pour protéger le pays des "forces communistes nord-coréennes" dans un contexte de débat parlementaire houleux sur le budget #AFP pic.twitter.com/zQY6ygKXJ0
— Agence France-Presse (@afpfr) December 3, 2024
Une Assemblée qui n’est pas d’accord n’est pas un danger pour la démocratie…
Elle est la démocratie même si cela déplait fortement au souverain des Palais de là-bas ou d’ici.








