Le programme du Nouveau Front populaire fait partie de ces livres qu’il vaut mieux ne pas lire avant de s’endormir.
Cauchemars et angoisses nocturnes garantis.
Certains s’y sont risqués et s’en mordent les doigts. « Je n’ai pas dormi de la nuit », reconnaît, ainsi, l’imprudent Alexandre Avril, maire de Salbris et conseiller régional Les Républicains. Parmi toutes les fables horrifiques du bloc d’extrême gauche, l'une a particulièrement effrayé l’élu trentenaire : celle qui raconte la libération de quelque 16.000 détenus au nom d’un obscur principe de « régulation carcérale ». « Dès lors qu’un juge veut mettre un délinquant en prison, il doit en faire sortir un autre. C’est adapter le nombre de délinquants au nombre de places de prison et non l’inverse, résume Alexandre Avril. Ça a déjà été fait. Je vous rappelle qu’en 1981, François Mitterrand avait libéré 5.000 prisonniers pour fêter sa victoire. Et 1981 a été l’année où la délinquance a le plus explosé. »
Je n’ai pas dormi de la nuit après avoir lu le programme du Nouveau Front Populaire.
— Alexandre Avril (@AlexandreAvril_) June 23, 2024
16 000 détenus en surpopulation carcérale pourraient être remis en liberté dans nos rues si la nouvelle NUPES accède au pouvoir.@Cyrilhanouna #OMSLT pic.twitter.com/td2SUzWcfQ
Très critiquée pour ses propositions lunaires en matière de justice, La France insoumise a tenté de s’expliquer, jurant qu'il n'était « pas question de libérer 16.000 prisonniers d'un coup en arrivant au pouvoir, mais de refonder la politique pénale ». Il s’agirait simplement, pour le NFP, d’« agir contre la surpopulation carcérale », comme le stipule de manière bien vague son programme.
Regardons-y de plus près. Selon les statistiques du ministère de l’Intérieur, il y aurait, aujourd’hui, 77.880 détenus, en France, pour 61.694 places de prison, soit un excédent de… 16.000 détenus. Les calculs d’Alexandre Avril sont donc exacts. Alors, certes, l’extrême gauche réduirait ce qu’elle nomme « surpopulation carcérale », aussi, par un recours généralisé au bracelet électronique et autres peines alternatives, mais des amnisties et d’innombrables libérations anticipées de prisonniers seraient néanmoins à son programme. Elsa Faucillon, une des principales promotrices de la « régulation carcérale », ne s’en cache pas, d’ailleurs : « C’est cela, la régulation carcérale, c'est organiser une sortie encadrée, préparée, quand un détenu doit entrer et qu'il n'est plus possible de respecter l'encellulement individuel, avouait-elle en commission, en juin 2023. Il s'agit de la seule solution pour lutter contre l’indignité des conditions de détention, la surpopulation et la récidive par la réinsertion. »
Pour cela, il faut créer un mécanisme contraignant afin de garantir l'encellulement individuel, l'accès aux soins, à la formation et aux activités pour les détenus en prison, aussi pour garantir des meilleures conditions de travail aux agents pénitentiaires.
— Elsa Faucillon (@ElsaFaucillon) June 22, 2023
La « surpopulation carcérale » : avant tout, une « sous-dotation carcérale »




