Georges Michel 27 février 2024
La
dernière fois que la France a été en guerre contre la Russie, c’était
en Crimée, de 1853 à 1856.
À une époque où la main-d’œuvre n’était pas
chère, la France expédia dans cette lointaine contrée plus de 300.000
hommes aux côtés des Britanniques, des Turcs et des Sardes pour
s’opposer à l’expansionnisme russe alors que l’Empire ottoman était en
plein déclin.
Près de 100.000 de nos soldats ne revinrent pas de cette
guerre. À l’époque, la France, qui faisait encore jeu égal avec l’empire
des Romanov, dépensa dans ce conflit plus de 145 millions de livres
sterling quand la Russie, elle, y laissa 144,5 millions de livres et le
Royaume-Uni plus de 164 millions de livres. Un rappel historique qui
devrait permettre de remettre les choses en perspective, alors
qu’Emmanuel Macron, lundi soir, lors de la conférence internationale de soutien à l’Ukraine qui réunissait 21 chefs d’État et de gouvernement à l’Élysée, a fait une déclaration on ne peut plus belliqueuse.
« En dynamique, rien ne doit être exclu. »
Envoi de troupes au sol occidentales en Ukraine ? « Il n’y a pas de consensus aujourd’hui pour envoyer de manière officielle, assumée et endossée [comprendre que l’Occident a déjà « du monde » là-bas ? Probablement] des troupes au sol. Mais en dynamique, rien ne doit être exclu. » « En dynamique » :
qu’est-ce que veut dire ce charabia ? Que ce qui était exclu hier ne
l’est plus aujourd’hui et encore moins demain. Et d’ailleurs, ajoute le
Président : « Nous ferons tout ce qu’il faut pour que la Russie ne puisse pas gagner cette guerre. »
Tout. C’est-à-dire ? Tout, sauf à ce que Macron bluffe ou soit fou (ce
qu’on exclut par construction intellectuelle), cela veut bien dire
jusqu’à envoyer des troupes au sol. « Tout », cela pourrait signifier de
tenter le grand jeu diplomatique avec la Chine, les pays arabes, la
Turquie (encore et toujours elle !), voire Israël, qui n’a peut-être pas
trop envie que l’attention des Occidentaux se détourne de son sort pour
regarder nach Osten. Mais, visiblement, dans ce grand « tout
», l’option diplomatique semble écartée. Mais avons-nous encore une
diplomatie française ? Avec un Séjourné au Quai d'Orsay, on peut en douter.
Emmanuel Macron, avec ses petits bras musclés...