Le collectif « La voie est libre », en la personne de son porte-parole, a montré son enthousiasme dans une conférence de presse triomphale : le tribunal administratif de Toulouse vient d’ordonner la suspension des travaux de la future autoroute A69 qui doit relier Toulouse à Castres, « pour raisons environnementales ».
Les écolos peuvent être bien contents, en effet, mais il y a fort à parier qu’ils seront les seuls.
L’État avait déjà engagé 300 millions de nos euros pour ce projet, sur les 450 prévus. La nouvelle autoroute devait être inaugurée à la fin de l’année 2025. 1.000 salariés vont perdre leur emploi du jour au lendemain, comme le rappelle sur X le député du Tarn Jean Terlier. De manière générale, tous les représentants de l’État sont indignés : les élus locaux estiment que l’arrêt des travaux coûterait plus d’un milliard d’euros, alors même que la moitié des ouvrages d’art sont réalisés. Interrogé sur France Info, le ministre Agnès Pannier-Runacher dit soutenir l’appel que va interjeter l’État. Et même la socialiste Carole Delga, présidente de la région Occitanie, est contre cette interruption.
Relier le Tarn à Toulouse
L’objectif de cette autoroute n’est pas le « gain de temps dérisoire de vingt minutes » complaisamment fustigé par les détracteurs du projet. Il s’agit, en réalité, de relier le Tarn à Toulouse, à la manière d’un vaisseau sanguin. Quiconque a déjà vécu dans le Midi ou même simplement traversé ses villes moyennes et ses villages ne peut que constater l’évidence : les grandes métropoles (Toulouse, Bordeaux, Montpellier, Nîmes) ont capté l’essentiel des ressources, tandis que les campagnes (« la ruralité », « les territoires », disent-ils) sont en train de crever. Le spectacle désolant de grandes maisons abandonnées, de magasins fermés depuis des décennies, de centres-villes déserts brise le cœur. Qu’ils y aillent voir, les écolos, comment on vit à Castres, à Albi ou à Carcassonne ! Contre l’autoroute, nos écolos ont proposé un développement du réseau ferroviaire et de la route nationale existante. Des sparadraps. Ils n’ont pas compris l'ampleur du problème. Ce n’est pas leur affaire.
« Il y aura un avant et un après », disent les fanatiques. C’est tout à fait vrai, car c’est la première fois que des juges, élus par personne, entravent l’action d’élus locaux dépositaires de la légitimité populaire.




