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Pap Ndiaye, Minister of National Education and Youth
Council of Ministers at Elysée Palace, Paris, France - 22 Feb 2023
Arnaud Florac 18 août 2023
« Ils n'ont pas honte », titre Marianne,
reprenant les propos d'un diplomate français, que l'on devine quelque
peu agacé, qui réagissait à la nomination de Pap Ndiaye comme
ambassadeur de France au Conseil de l'Europe.
Évidemment qu'ils n'ont
pas honte, les politiciens macronistes, et leur chef moins que les
autres. Cette nomination éminemment politique, appuyée sur le recasage
et le copinage bien plus que sur la compétence, ne surprendra que les
naïfs.
Dès l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle, Emmanuel
Macron avait mis en extinction, par décret, les grands corps des conseillers des affaires étrangères
et des ministres plénipotentiaires, laissant à l'entière discrétion du
pouvoir politique la nomination des ambassadeurs. Il rompait en cela
avec la tradition française, qui formait des élites diplomatiques que le
monde entier, pour une fois, nous enviait. La France possède le
deuxième réseau d'ambassades du monde : il faut bien que tout le monde
puisse en profiter.
Avec un humour teinté d'amertume, le diplomate interrogé par Marianne ajoute qu' « il faut bien payer l'École Alsacienne
(école privée parisienne où sont scolarisés les enfants de l'ancien
ministre, NDLR) ». Est-ce l'une des raisons de cette nomination, avec le
fait de pouvoir, selon la même source, « rester à Paris » en
occupant ce poste ? Allez savoir... Pap Ndiaye et son entourage arguent
de la compétence de l'ancien ministre en matière de lutte contre le
racisme et de connaissance de l'histoire sociale de l'Amérique. Cela n'a
rien de rassurant, mais c'est au moins intéressant de voir que ces
combats sont censés faire partie de la fiche de poste d'un ambassadeur
au Conseil de l'Europe. « Résignation et lassitude » sont donc
palpables du côté des diplomates, qui savent bien que leur formation
exigeante et les années qu'ils ont passées à l'étranger pour se former
aux subtilités de leur métier ne valent pas grand-chose s'il y a un
copain à recaser dans le coin.
Plus encore, tout se passe comme si Emmanuel Macron ne voulait pas
seulement, comme n'importe quel chef pensant que tout est permis, donner
des prébendes à ses amis sans se soucier de leur adéquation au poste.
On a le sentiment qu'il y a chez lui une volonté d'humilier les grands
serviteurs de l'État. Il a commencé avec les armées, en provoquant le
départ du général de Villiers. Il a poursuivi avec l'ENA, dont il sort,
et dont il a souhaité la transformation en INSP pour donner des gages,
pensait-il, aux gilets jaunes, qu'il prenait, avec la myopie de sa
caste, pour des sans-culottes envieux des élites. Et puis vint le tour
des diplomates, dont la nomination de Pap Ndiaye n'est qu'une des
modalités symboliques - une anecdote, presque.