Dimanche, nous évoquions la crainte que notre pays ne s’engage sur la pente fatale de la guerre.
En écoutant, ce mardi après-midi, Aurore Bergé, présidente du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale, lors de la séance de questions au gouvernement, ce sentiment ne peut qu’être renforcé. « Certains nous demandent jusqu’à quand nous soutiendrons l’Ukraine et son peuple qui résiste courageusement ? Une seule réponse : jusqu’à la victoire ! » C’est beau. Ce n’est pas du Clemenceau, mais c’est beau quand même.
"Certains nous demandent jusqu’à quand nous soutiendrons l’Ukraine et son peuple qui résiste courageusement ?
Une seule réponse : jusqu’à la victoire !" pic.twitter.com/bEicOLqgBZ
— Aurore Bergé (@auroreberge) January 31, 2023
Mais Aurore Bergé a-t-elle bien pesé chaque mot de sa très guerrière intervention ? Elle n'a pas dit « jusqu'au retour de la paix ». Elle n'a pas dit « jusqu’à la victoire de l’Ukraine » mais « jusqu’à la victoire » tout court. Ce n’est pas neutre, si l’on peut s’exprimer ainsi. La victoire de l’Ukraine contre la Russie sera donc notre victoire, celle de la France, de l’Union européenne, de l’OTAN, de l’Occident, du Bien ? La victoire totale ? On n’y est pas encore et il faudra sans doute passer par encore plus de morts, de blessés, qui se comptent déjà par centaines de milliers dans chaque camp.
D’ailleurs, à quoi ressemblera cette victoire ? À celle du 11 novembre 1918, alors que les Allemands étaient encore présents sur le sol français, en ordre de bataille, on l’oublie bien souvent ? Un ennemi qui rentra avec armes et bagages en Allemagne. Ou à celle du 8 mai 1945, avec une capitulation sans condition de l'Allemagne nazie et son écrasement total, puisqu’elle était alors le mal absolu ?


