par Charles Sannat | 18 Fév 2021 |
Mes chères impertinentes, chers impertinents,
En
ces temps d’inquiétudes et de difficultés économiques il est
raisonnable de scruter les évolutions législatives et d’essayer
d’estimer leur impact sur nos vies quotidiennes.
Alors que le
dispositif de chômage partiel devrait être revu à la baisse, alors que
l’indemnisation du chômage en général fait elle aussi l’objet de remises
en cause profondes, c’est au tour de la « garantie » non pas des dépôts
mais des salaires en cas de faillite d’une entreprise de susciter
l’inquiétude des salariés, des syndicats et de ceux qui suivent la chose publique avec intérêt.
La protection des salariés en cas de faillite pas menacée, assurent les administrateurs judiciaires
Voici ce que dit cet article du Figaro.
Je cite.
« La
protection des salariés en cas de faillite n’est pas menacée par le
projet d’ordonnance du gouvernement sur la restructuration des
entreprises, a estimé mercredi Christophe Brasse, le président du
Conseil national des administrateurs judiciaires et des mandataires
Judiciaires (CNAJMJ).
Ce texte, qui vise à transposer la
directive européenne « restructuration et insolvabilité », « ne touche
en rien le droit des salariés » et « garantit le super-privilège dont
ils bénéficient », a affirmé Christophe Basse dans un entretien à l’AFP.
Il « clarifie » seulement un « ordre de répartition des créances
extrêmement complexe » actuellement dans le droit français, a-t-il
justifié, réfutant ainsi les critiques du Medef de la CFDT et de FO.
Ces
organisations ont en effet dénoncé un projet qui menacerait à terme le
système actuel de paiement des salaires lors des procédures collectives.
Lors d’une telle procédure, le paiement des salaires d’une entreprise
insolvable est assuré par le régime de garantie des salaires, l’AGS,
géré par les organisations patronales.
Ses ressources
financières proviennent d’une part de cotisations des entreprises, et
d’autre part des sommes récupérées à l’issue des procédures par la
réalisation des actifs des sociétés en liquidation, c’est-à-dire leur
cession.
Dans le cadre de cette réalisation, le projet
d’ordonnance classe explicitement le remboursement des avances de
salaires à l’AGS après le versement des honoraires des administrateurs
et mandataires judiciaires. « On est très demandeurs que le
super-privilège de l’AGS ne soit pas rétrogradé », a déclaré vendredi à
l’AFP le président délégué du Medef Patrick Martin, mettant en avant le
risque sur l’équilibre financier du régime, et à terme sur sa survie« .
« Il n’est pas nouveau que les administrateurs et mandataires judiciaires se payent avant l’AGS »C’est vrai.
En
réalité les administrateurs et mandataires judiciaires se payent les
premiers sur les restes fumants de la bête entreprise en faillite. C’est
déjà le cas, et cela ne change pas dans la nouvelle loi.