Photo BV. Manifestation de Sainte-Soline le 25 mars 2023.
« Je constate comme vous l’extrême violence de certains groupuscules [...] et je pense notamment au groupement de fait des Soulèvements de la Terre. […] J’ai
donc décidé d’engager la dissolution des Soulèvements de la Terre que
je proposerai après contradictoire à un prochain Conseil des ministres. »
Quelques jours après les scènes de guérilla à Sainte-Soline, Gérald Darmanin, qui depuis plusieurs mois dénonce l’action « écoterroriste » des collectifs radicaux opposés aux méga-bassines, joint finalement le geste à la parole.
Un mode opératoire violent
Fondé sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes,
Les Soulèvements de la Terre rassemble, à son origine, des militants de
l’extrême gauche en quête d’un nouveau combat contre l’État. Dès sa création, en mars 2021, le mot d’ordre est donné : « Concentrer nos forces pour cibler, boquer et démanteler. »
Adieu, la désobéissance civile, jugée inopérante, place aux
destructions et au sabotage. Rythmé par des saisons de quelques mois, le
mouvement rassemble alors des activistes radicaux, rejoints par
quelques associations écologistes, venus des quatre coins du pays pour
des actions coup de poing. Son mode opératoire ? Le sabotage. Vendanges
sauvages dans les vignes de Bernard Arnault, désarmement d’une dizaine
de canons à neige à La Clusaz, dégradations de retenues d’eau… Comme le
souligne les services de renseignement, dans une note dévoilée par Le Parisien, «
on constate que la protection de l’environnement est de plus en plus
souvent mise en avant pour justifier l’action violente et clandestine ».
Avant de s’en prendre aux méga-bassines des Deux-Sèvres, les
Soulèvements de la Terre s’attaquait aux industriels. Le 11 décembre
dernier, près de 200 activistes, vêtus de combinaisons blanches,
s’introduisent de force dans l’une des usines du groupe Lafarge. En
moins d’une heure, ils détruisent de nombreuses installations. Résultat
de l’opération : quatre millions d’euros de dégâts. Si l’action n'est
pas directement revendiquée par Les Soulèvements de la Terre, le
mouvement s’en réjouit. Et rapidement, les soupçons des enquêteurs de la
sous-direction antiterroriste du parquet d’Aix-en-Provence se portent contre le mouvement écologiste radical.