Le suffrage universel est-il dangereux, au point qu’il faille éclairer l’opinion sur ses choix électoraux (et surtout la mettre en garde contre des choix « populistes ») ?
Un mythe accrédite cette croyance: l’arrivée au pouvoir d’Adolf Hitler par les urnes, cette tarte à la crème du révisionnisme historique de gauche, qui justifie un encadrement idéologique d’une opinion publique présentée comme capable du pire.
Vous comprenez, si on les laisse seuls face aux urnes, ils risquent de se faire piéger par des populistes façon Adolf Hitler!
Donc, il faut les guider!
Le problème est évidemment que l’histoire allemande prouve le contraire et montre comment Adolf Hitler ne serait jamais arrivé au pouvoir si le suffrage universel avait été la seule source de légalité dans l’Allemagne des années 30.
De la République de Weimar (petit rappel pour les Français)
Pour ceux que l’histoire allemande laisse un peu froids, rappelons juste qu’en 1919, après l’effondrement du deuxième Reich, l’Allemagne se dote d’un régime démocratique appelée République de Weimar.
Ces événements sont mal connus en France.
Par exemple, peu de Français savent que l’Allemagne n’existait pas avant 1871 et la proclamation de ce deuxième Reich à… Versailles.
Bref, le 9 novembre 1918, le Reich s’effondre et une assemblée constituante se réunit dans la ville de Weimar, dans un immense désordre nourri par l’espoir d’une révolution bolchevik.
Cette république fonctionne avec un président élu pour 7 ans, un chancelier et une assemblée élue à la proportionnelle intégrale.
Dans les années 20 (après un coup d’Etat raté en 1922), Adolf Hitler monte son fameux NSDAP, le parti national-socialiste allemand du travail, connu en France sous le nom de parti nazi.
On retrouvera sur Wikipedia cet excellent graphique qui rappelle le score obtenu par le parti au cours des innombrables élections qui ont secoué la vie politique allemande de l’entre-deux-guerres:
Comme on le voit, le parti nazi n’atteindra jamais la majorité parlementaire.
Jusqu’aux élections de 1932, il ne pèse même pas 20% des voix, c’est-à-dire beaucoup moins que le Front National dans la France d’aujourd’hui.
Jusqu’en 1928, cinq ans avant l’accession d’Adolf Hitler au pouvoir, il est même quasi-groupusculaire.





