Adel Bachir, 26 ans, avait percuté par l’arrière le 5 juillet 2021 la voiture conduite par un couple de jeunes parents qui allaient en vacances à Agde.
Il avait alors 2,62 g d’alcool dans le sang et roulait à près de 150 km/h.
Sa peine de quatre ans de prison est assortie de deux ans de sursis probatoire : il ne retournera pas en prison.
Vers 22 h 20, le 5 juillet 2021, la Seat qu’il conduisait à très vive allure a percuté par l’arrière la Dacia d’une famille originaire de Lyon, qui était presque arrivée à Agde, pour des vacances très particulières: derrière Stéphanie Lavigne, qui conduisait, et Cédric Barboyon se trouvait leur petite fille, Talia, née 17 jours plus tôt.
“Je la vois arriver par le rétroviseur” se souvient Stéphanie à la barre. Juste avant, deux conducteurs au moins ont relevé l’immatriculation de ce conducteur qui fonçait en zigzaguant entre les voitures. L’impact est terrible: la Dacia part en tonneaux, se fracasse sur la bande d’arrêt d’urgence. L’enquête a établi qu’il avait roulé à 153 km/h de moyenne, et était au moins à 146 km/h à l’instant de l’impact. Cédric, très grièvement blessé, reste prisonnier des tôles. “Le bébé était dans les bras de sa maman avec un hématome à la tête et ne semblait plus respirer” racontera un témoin, tandis qu’une policière tentera un massage cardiaque désespéré sur l’enfant.
“Le lendemain à 8 h, les médecins me confirment que Talia est morte et me demandent l’autorisation de te débrancher” poursuit Stéphanie. “Des années à te désirer, des mois à t’attendre et seulement 17 jours à profiter de toi.” (…)
Lourdement blessé dans l’accident, le père, Cédric Barboyon, porte toujours les séquelles du drame dans sa chair. En invalidité depuis le 1er août 2024, il enchaîne les rendez-vous médicaux et psychologiques depuis trois ans et demi. “Je subis un quotidien qui m’accable”, lâche ce dernier, réclamant “la prison à vie” pour cet homme qui “a anéanti les [leurs]”, ne comprenant pas que l’on puisse avoir “la vie sauve quand on a commis un tel acte”. (…)
Adel Bachir, 26 ans aujourd’hui, explique qu’il avait passé l’après-midi à boire ce jour-là, “que des bières, mais peut-être dix, ou sept ou huit, et des 50 cl”, qu’il était, à cette époque, “dans une période de dépression” et qu’il ne s’apercevait pas “qu’il avait un problème de consommation excessive d’alcool”, confie-t-il au tribunal. Pourtant, en 2019, son permis avait déjà été suspendu par une ordonnance pénale : il s’était fait prendre avec 2,46 g dans le sang et avait causé des dégâts matériels.















