Le samedi 22 janvier, c'était il y a seulement quelques jours, un militaire de 24 ans, le brigadier Alexandre Martin, issu du 54e régiment d’artillerie d’Hyères (Var), succombait de ses blessures au Mali, dans le cadre de l’opération « Barkhane ». Il était le 53e soldat que la France sacrifiait pour le Mali.
Le lundi 31 janvier, dans un communiqué lu à la télévision d’État, on apprend que « le gouvernement de la République du Mali informe l’opinion nationale et internationale que ce jour, l’ambassadeur de France à Bamako, Son Excellence Joël Meyer, a été convoqué par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale [et] qu’il lui a été notifié la décision du gouvernement qui l’invite à quitter le territoire national dans un délai de soixante-douze heures ». Au delà des motivations qui ont entraîné cette décision, plus extraordinaire est la réaction de la France : le ministère des Affaires étrangères français a déclaré "prendre note" de cette décision.
"Prendre note", rien que ça ?
On atteint le niveau ultime de l'humiliation et on se contente de "prendre note". On peut déblatérer sur des éléments géostratégiques, on peut brandir la relation historique entre la France et le Mali, bref, on peut tout ressortir pour atténuer, limite donner des explications à la décision des autorités maliennes, mais on doit prendre en considération l'opinion publique.
Comment expliquer aux Français que leur représentant est chassé du Mali au moment où des soldats arborant le drapeau tricolore prennent des risques pour défendre ce pays ? Il y a une forme d'indécence dans cet acte qui oblige à se poser des questions sur les choix à effectuer dans la relation France-Mali.




