
Arnaud Guyot-Jeannin 12 avril 2022
La priorité des priorités, le 24 avril prochain, sera « La France contre le robot »
et, donc, le Grand Dégagement de Macron, bien sûr, pour l’ensemble de
son œuvre.
Le Président-candidat a comparé - durant son mandat - la
France à une start-up nation ou à « une gare […] lieu où l’on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien »,
selon son odieuse formule qui traduit un mépris extraordinaire du
peuple.
Mais aux mots succèdent les maux. En effet, son quinquennat
s’est caractérisé par une politique antisociale et liberticide sans
précédent. Les gilets jaunes réprimés, les grévistes acculés et les anti-passe sanitaires diabolisés s’en souviennent.
À l’instar de ses prédécesseurs – la liste est longue –, Emmanuel
Macron est comptable d’un bilan quinquennal désastreux. Il a renforcé l’immigration
incontrôlée, les crimes et délits en pagaille et la précarité
galopante. Les Français, surtout modestes, souffrent ainsi d’une triple
forme d’insécurité
physique, culturelle et sociale. Ils sont les « oubliés », les
« invisibles », les « exclus » de la métropolisation gentrifiée. La
Nouvelle Classe capitaliste les considère comme des « losers » ou des
« déplorables ». Ils représentent la fameuse « France périphérique », pour reprendre l’expression du géographe Christophe Guilluy, lequel nous rappelle cette réalité sociologique effrayante : «
On se fiche de savoir ce qu’est le devenir de ceux qui vivent déjà dans
la France périphérique (entre 60 % et 70 % des Français). Les élites
pensent que l’avenir de ces territoires dépend de l’arrivée du bobo
parisien, bordelais ou lyonnais. En réalité, l’arrivée des CSP+ par
exemple sur les littoraux et dans les beaux villages de France fait
qu’aujourd’hui les jeunes issus des milieux populaires ne pourront pas
vivre là où ils sont nés. Ils sont obligés de se délocaliser le plus
loin possible [...] On nous fait craindre depuis trente ans le retour du fascisme : c’est du théâtre » (Le Figaro,
22 novembre 2021). Des classes populaires et moyennes déclassées
expropriées de leur lieu d’habitation et qui n’arrivent pas à joindre
les deux bouts à la fin du mois. Or, l’on sait depuis toujours que le
lieu natal fait sens avec le lien social…
Face à Macron et à la Macronie s’oppose Marine Le Pen, avocat du
peuple français et notamment des jeunes, des ouvriers, des employés, des
chômeurs, des petits, des obscurs, des sans-grade et de tous ceux qui
sont frappés de plein fouet par l’immigration de peuplement (en bas) et la mondialisation libre-échangiste (en haut).