Face à une repentance incompréhensible, nos lecteurs veulent "une politique purement réaliste et comptable" avec Alger.
« L’Histoire les a oubliés, les politiques les ont sacrifiés, l’opinion publique les a abandonnés. » Ainsi commence le prologue de Raphaël Delpard dans son livre Les Souffrances secrètes des Français d’Algérie. Histoire d’un scandale (Michel Lafon). Aujourd’hui, le cessez-le-feu en Algérie a 63 ans, et depuis la loi du 6 décembre 2012, le 19 mars est « la journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc ». Une date anniversaire qui, loin d’apaiser ceux qui ont vécu le déracinement, loin de rendre hommage aux morts et disparus civils et militaires qui avaient choisi la France, « marque […] l’amorce d’un drame pour les rapatriés, contraints au déracinement, et le début d’une tragédie pour les harkis, massacrés dans les semaines qui suivirent, au mépris des accords d’Évian », selon l’ex-secrétaire d’État aux Anciens Combattants Marc Laffineur. Les relations franco-algériennes étant loin d’être apaisées, la repentance perpétuelle de nos représentants ne semblant pas être payée de retour. Peut-être s’agirait-il de changer de méthode ?
Utiliser la repentance du gouvernement français est une stratégie payante pour Tebboune, que ce soit pour légitimer son gouvernement ou pour faire plier la France.
Une repentance incompréhensible
Selon Malika, une de nos lectrice d’origine algérienne, « cette repentance est incompréhensible, à moins de justifier ce comportement par un biais religieux catholique, ce qui prouverait que la France n’est pas réellement laïque et qu’il existe une mémoire inconsciente avec une notion de péché et qu’il faudrait payer les fautes commises. S’il y avait une lecture purement politique, monétaire et factuelle, la France et les Français cesseraient de se flageller et adopteraient une politique purement réaliste et comptable, un bilan actif et passif, et basta ! »
En 2017, alors candidat à la présidentielle, Emmanuel Macron avait qualifié de « crime contre l’humanité » la guerre d’Algérie. L’historien Guy Pervillé, dans un entretien au Figaro Vox, se demandait si cette déclaration de repentance n’était pas une « manœuvre politicienne visant à capter le soutien de l'Algérie et le vote des électeurs franco-algériens ». Il craignait que cela n'encourage « les dirigeants algériens à relancer la revendication de repentance qu'ils avaient abandonnée » et redoutait un recommencement de la guerre d'Algérie « sur le plan politique et juridique ». N'est-ce pas à cela qu'on assiste, aujourd'hui, de façon larvée ?
Des Français moins bien traités que des migrants


