
Statues sur l’esplanade d’Alicante (Espagne) commémorant l’arrivée des « Oranais » grâce à des navires de guerre espagnole.
Ils attendaient là, assis sur des caisses,
entourés de vieilles valises, de ballots, de couffins, quelquefois de
petits cadres de bois faits à la main, étouffants dans la chaleur de
l’été, espérant un signe, un ordre de dernière minute, quelqu’un qui
leur dirait : «Vous pouvez embarquer».
De Gaulle avait donné l’ordre au gouvernement français de ne pas
utiliser les navires de guerre pour abréger leur attente et sur son
ordre le gouvernement avait refusé l’offre de compagnies de navigation
étrangères qui souhaitaient apporter leur aide.Il était allé bien plus loin en demandant aux compagnies de navigation, la Transat, la Compagnie de Navigation Mixte et la Société Générale des Transports Maritimes, de réduire le nombre de rotations hebdomadaires (Il y en eu 16 en février 62, 7 en mars et seulement 3 en avril) afin de ralentir le rapatriementet d’empêcher une arrivée massive de Français d’Algérie.
Les vols d’Air France et Air Algérie étaient également réduits de moitié.
Cette politique d’abandon, totalement programmée par le chef de l’État, a coûté des centaines de vies humaines.
Peu lui importait qu’ils soient massacrés sur place, sur les quais.
Fort heureusement et très courageusement, contre les ordres reçus, les commandants de quelques bateaux acceptèrent beaucoup plus de passagers que la limite maximale autorisée.
Ainsi le «Jean Laborde» des Messageries Maritimes, quittait les quais d’Oran en direction de Marseille avec 1430 passagers au lieu des 420 autorisés.
Ce fut le cas dans tous les ports d’Algérie avec les «Ville de Bordeaux», «Ville de Tunis», «El Djezair» et surtout le «Kairouan» qui battait tous les records avec plus de 1900 passagers sur une capacité de 1172 places.