
Parce qu’il n’y a ni âge ni lieu, sans doute, pour se découvrir, à 51 ans, une raison d’exister, c’est en 1996 que Sophie Pétronin, laborantine de formation, tombe en amour pour les orphelins maliens souffrant de malnutrition.
Six ans plus tard, à 56 ans, forte d’une formation en médecine tropicale, elle plaque tout. Et part s’installer définitivement au Mali, où elle fonde et dirige l’ONG Association d’aide à Gao : Pétronin est devenue « travailleuse sociale ». Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’au printemps 2012, quand des groupes islamistes s’emparent du nord du Mali, et de Gao dont ils ont pris le contrôle, déjà, depuis plusieurs mois. Notre pétroleuse franco-suisse ne quitte pourtant pas le pays et, en avril, échappant à un enlèvement par des islamistes armés, elle est exfiltrée vers l’Algérie avant de revenir en France.
À partir de là, la personnalité de Sophie Pétronin éclate au grand jour. En dépit des risques qu’elle encourt dont elle est bien consciente, Pétronin ne fait que ce qui lui plaît : elle repart à Gao. Et, toujours en dépit du « risque d’attentat et d’enlèvement visant les Occidentaux [qui] est toujours très élevé dans tout le Mali », écrivait-elle noir sur blanc dans un rapport en 2016, comme le rapporte L’Express, hors de question pour elle de quitter Gao. Elle fait ce qui lui plaît, on vous dit. Pour y être, le 24 décembre de la même année, bel et bien enlevée puis séquestrée par une branche islamiste liée à Al-Qaïda.
