
- JOEL SAGET / AFP
La quille
Par Louis Nadau
Jean-Paul Delevoye a présenté sa démission ce lundi 16 décembre après les révélations successives sur les nombreux mandats qu'il avait oubliés de déclarer auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique.
Pour lui, c'est la quille : le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, a présenté sa démission ce lundi 16 décembre après les révélations successives sur les nombreux mandats qu'il avait oublié de déclarer auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Un départ "de sa propre initiative", selon l'Elysée.
Selon nos informations, l'exécutif a également suggéré au membre du gouvernement ne pas attendre la date de mercredi.
Ce jour-là, la HATVP devait statuer sur la situation, avec la possibilité... de saisir le parquet pour manquement à ses obligations déclaratives.
La situation de Jean-Paul Delevoye au sein du gouvernement pouvait difficilement s'améliorer.
En effet, alors que nos confrères du Monde révélaient, ce samedi 14 décembre, que le haut-commissaire avait mentionné treize mandats dans sa déclaration d'intérêt rectifiée au lieu des trois initialement indiqués à la HATVP, il apparaît à y regarder de plus près, qu'il en manquait encore un autre dans la première déclaration du monsieur retraite du gouvernement : celui de président du Conseil économique, social et environnemental (Cese).
Si Jean-Paul Delevoye pouvait plaider "l'omission par oubli" quant à ses liens avec le milieu des assurances dans la déclaration mise en ligne 7 décembre dernier par la HATVP, cette ligne de défense apparaît plus difficile à tenir quant à son mandat au Cese, courant du 16 octobre 2010 au 1er décembre 2015.
Il ne s'agit pas là, comme pour les précédents manquements aux obligations déclaratives du ministre des retraites, de la présidence d'honneur d'un think-tank ou d'une place d'administrateur d'un institut de formation, mais bien de la direction d'un organe de représentation socio-professionnelle prévu par la Constitution française.
Un mandat au titre duquel, précise le site internet du Cese, Jean-Paul Delevoye, percevait "6.330,32 € net par mois".

