Réflexions sur l'actualité et la politique Française. Avec quelques exceptions sur le reste du monde. Immigration, invasion, colonisation, islamisation, révolution.Covid
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Plan Yinon pour la Russie et nouveau désordre européen
Chaque jour dévoile davantage les véritables ambitions d’Israël, qui ne se limitent pas à l’élimination des Palestiniens de Gaza, ni même, peut-être, de Cisjordanie.
Certes, l’idéal d’un État ethniquement homogène, purgé de toute présence étrangère à la foi juive, hante les esprits extrémistes liés au Likoud de Netanyahou.
Des figures comme Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale et chef du parti sioniste Otzma Yehudit (« Pouvoir juif »), ou Bezalel Smotrich, ministre des Finances et leader de Tkuma (« Résurrection »), rêvent de cette uniformité, voire de la reconstruction du troisième Temple de Jérusalem. Mais un dessein plus vaste se profile : provoquer une réaction iranienne, un casus belli qui, sous prétexte d’une attaque de Téhéran mobilisé pour défendre les Palestiniens, rallierait les États-Unis à une guerre contre cet ennemi désigné. Une tentative s’est esquissée en avril, lorsque l’Iran, en représailles au bombardement de son consulat à Damas par Israël, lança une étrange salve de missiles, heureusement sans grands dommages.
En 1982, un article singulier d’Oded Yinon, conseiller d’Ariel Sharon, parut dans la revue juive Kivunim (« Directives »). Il y exposait une stratégie : déstabiliser les rivaux arabes d’Israël en exploitant leurs fractures ethnico-religieuses, les morcelant en petits États hétérogènes et querelleurs, pour asseoir une hégémonie israélienne au Moyen-Orient.
Tel était le « Plan Yinon », écho du divide et impera des Romains, visant à faire d’Israël une puissance régionale incontestée, libre d’imposer son influence politique, économique et militaire sur ses voisins, sans craindre de rivaux. Les guerres américaines, menées au nom des intérêts israéliens, ont depuis réduit en cendres les principaux États arabes. Ne reste que l’Iran, seule puissance capable de rivaliser militairement et technologiquement avec Israël – bien que ce dernier dispose de l’arme nucléaire, contrairement à Téhéran. L’activisme iranien, drapé d’une posture anti-israélienne, demeure une menace que l’État hébreu ne peut ignorer.
Mais un horizon plus inquiétant se dessine : transposer ce plan à la Russie. En 2019, l’analyste géopolitique anglo-polonais Janusz Bugajski, dans un article intitulé « Management’s Russian Dissolution » publié par The Hill, esquissait cette vision. Les sanctions occidentales, loin d’affaiblir Moscou, auraient convaincu le Kremlin du déclin de l’Occident – un Occident qui, paradoxalement, s’est lui-même fragilisé par ces mesures inefficaces. Bugajski propose une autre voie : exploiter la mosaïque ethnico-religieuse de l’immense territoire russe pour semer la discorde, fragmenter le pays et dresser ses peuples les uns contre les autres. « La Russie n’a pas su se muer en État-nation doté d’une identité ethnique ou civique forte, écrit-il. Elle demeure une construction impériale, héritage de son passé tsariste et soviétique. » Il rêve d’attiser le mécontentement dans les régions les moins russifiées, comme la Sibérie ou le Caucase du Nord, pour qu’elles se soulèvent contre les gouverneurs locaux, nommés par le Kremlin, et exigent leur sécession. « La pression monte à travers le pays, avec une colère croissante contre ces gouverneurs et un ressentiment face à l’appropriation des ressources par Moscou. Des régions comme Sakha ou Magadan, riches en minerais, pourraient prospérer sans l’exploitation de la capitale », soutient-il.
Ce tableau, pourtant, ne résiste pas aux faits. Poutine, plébiscité à plus de 87 % lors des élections de 2024, ne semble guère menacé par des soulèvements. Ce projet relève davantage du fantasme américain que d’une réalité tangible. L’objectif de Bugajski ?
Réduire la Russie à un agrégat d’États insignifiants, inoffensifs, livrant leurs immenses ressources – alimentaires, énergétiques, minérales – au pillage des entreprises occidentales, américaines en tête. Israël, allié indéfectible des États-Unis, s’inscrit dans cette logique néocoloniale, où le vol des richesses d’autrui sert l’hégémonie globale de Washington.
Ce schéma n’est pas nouveau. En 2008, Israël arma et entraîna la Géorgie de Saakachvili – un pion américain façonné pour contrer la Russie – lors de son conflit avec les provinces russophones d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie. Puis vint l’Ukraine, théâtre de révolutions colorées : celle de 2004, dite « orange », et celle de Maïdan en 2014, déclenchée lorsque le président Ianoukovitch suspendit l’adhésion à l’Union européenne – une intégration qui n’a jamais abouti et ne le fera peut-être jamais, pas plus que celle à l’OTAN – pour privilégier des liens avec Poutine, choix logique au vu des affinités culturelles, géographiques et historiques entre les deux nations. Euromaïdan, financé par le Département d’État américain sous Nuland et soutenu par Soros – qui y investit un milliard de dollars en 2015 –, renversa Ianoukovitch. Les nationalistes ukrainiens, dans la foulée, orchestrèrent le massacre d’Odessa.
Les accords de Minsk, signés en 2014 entre la Russie, l’Ukraine et les républiques de Donetsk et Lougansk, promettaient un cessez-le-feu, une démilitarisation et un statut spécial pour ces régions russophones.
Mais Kiev les viola, le bataillon néo-nazi Azov – arborant les symboles de la division SS « Das Reich » – bombardant les civils et interdisant la langue russe. En février 2022, face à l’inaction des États-Unis, qui pilotent le régime de Kiev, la Russie lança son opération spéciale pour protéger ces territoires et rétablir la paix. L’Occident y vit l’avènement d’un « nouvel Hitler », diabolisant Poutine et prêtant à Moscou des visées impérialistes sur l’Europe – une fable bien éloignée de la vérité. Si l’Ukraine doit craindre un voisin, c’est plutôt la Pologne, nostalgique d’une Grande Pologne incluant Lviv, ou la Roumanie, lorgnant la Bucovine.
La Biélorussie de Loukachenko a résisté, mais la Moldavie est désormais dans le viseur. Maia Sandu, façonnée par Harvard et la Banque mondiale, marionnette pro-européenne, s’emploie à couper les ponts avec la Transnistrie russophone, utilisant l’arme énergétique.
« La Moldavie ne dépend plus de la Transnistrie, déclare son ministre des Affaires étrangères, Mihai Popșoi, à Politico le 29 avril 2024. Nous achetons le gaz sur le marché international et construisons des lignes à haute tension vers la Roumanie. » Une folie économique : troquer le gaz russe bon marché contre des prix exorbitants dictés par les spéculateurs, au risque de désindustrialiser et d’endetter le pays, comme tant d’autres vassaux européens de Washington. Cette stratégie vise à provoquer une crise en Transnistrie, à rallier cette région à la Moldavie et à susciter une réaction russe, contrainte de défendre ses frères russophones – une escalade que les élites européennes, muettes ou impuissantes, sauf rares exceptions comme Orbán, laisseraient s’accomplir. Politico évoque un prétendu complot russe pour renverser Sandu, prétexte idéal à un false flag américain: « L’année dernière, les services de renseignement de Kiev ont averti qu’ils avaient intercepté un plan de Moscou visant à organiser un coup d’État et à chasser Sandu, en utilisant un parti d’opposition pro-russe pour renverser le gouvernement ». Espérons qu’il ne réussisse pas.
Ainsi se tisse un nouveau désordre, menaçant d’engloutir l’Europe de l’Est dans le chaos…
Filippo Zicari
domingo, 9 de febrero de 2025
[L’INVITÉ] « Qui est le Diable ? L’autre ou l’Occident ? »
Régis Le Sommier, journaliste et ancien grand reporter à Paris-Match, aujourd'hui directeur du média Omerta, publie aujourd'hui un livre de réflexion « Qui est le Diable ? L'autre ou l'Occident ? ».
Fort de son expérience sur plusieurs théâtres d'opération, par exemple en Libye ou en Ukraine, il livre une réflexion originale sur la nouvelle perception de l'Occident, et de la France, par les « sociétés traditionnelles » : Afrique, monde arabo-musulman, Russie, Asie.
Une réflexion très éclairante pour comprendre, entre autres, la politique étrangère des USA et de la France, et tout récemment l'éviction de la France d'Afrique sous la présidence Macron, mais aussi de revenir les guerres en Irak, en Iran, en Syrie, les printemps arabes et les flux migratoires qui en sont issus. Il s'interroge sur les «diables» que désigne l'Occident, incapable de tenir les promesses qu'il fait à ses pays, en les déstabilisant.
Un entretien stimulant pour comprendre les fractures du monde actuel.
viernes, 6 de diciembre de 2024
miércoles, 24 de abril de 2024
« L’Occident se croit légitime au nom de valeurs que le monde ne partage pas ! » Del Valle
Publié le 23 avril 2024 par rra137
domingo, 22 de enero de 2023
Processus d'effacement
19 Janvier 2023 , Rédigé par Patrick REYMOND
"Pour souhaiter une bonne année à nos lecteurs, notre équipe n’apporte pas que des nouvelles réjouissantes, l’événement qui marque selon nous ce début d’année 2023 c’est la concrétisation du processus d’effacement irréversible de l’Union européenne sur la scène globale du monde d’après, à l’image de l’empire ottoman qui a chuté il y a précisément un siècle".
C'est tiré du GEAB. En fait, la mauvaise nouvelle n'en est qu'une que pour les dominants.
De fait, la rapacité de la bourgeoisie, macronienne en France, d'un
autre nom ailleurs, se fait aux dépens de leur propre biotope
économique. Visiblement, ils ne comprennent rien à l'économie physique,
celle qui fait de la Russie "l'unique superpuissance" militaire, et dont
la guerre avec l'oxydant-oxydé, se finira ainsi.
je fais le pari que la Russie finira par annexer la totalité de
l'Ukraine, mais d'une Ukraine totalement dépeuplée, qui lui servira, à
l'ancienne, de glacis, qui pourrait être agricole, minier et
énergétique, mais rien d'autre. Peut être touristique, comme il en était
question à Marioupol, mais l'Ukraine a prouvé qu'elle pouvait être
envahi moult fois. Bref, ne laisser que ce qui ne pourrait pas nuire ou
qu'on ne peut déplacer.
L'empire global américain, a tenté le conflit de trop, pas au bon moment, pas avec le bon moyen. Il fallait, il y a 30 ans, endormir la Russie, ne pas l'agresser, faire ce qui a été fait à tous les pays européens avec la complicité de leurs élites. Sans excès, doucement, le patient serait mort sans s'en apercevoir...
L'outrance dans le comportement de la classe dirigeante, au profit du 0.1 % fera le reste.
L'empire Américain/avatar européen, sont sur la même longueur d'onde et
le même diapason. Ils s'effondrent économiquement en manipulant la
finance, et en consommant, mais de moins en moins, en produisant.
Ils s'effondrent aussi en faisant des guerres sans fin, qui, de moins
en moins, remplissent les coffres et coûtent de plus en plus chères.
On vient d'apprendre que les armes françaises sont trop chères et trop
peu nombreuses. Là aussi, on a oublié notre propre histoire. Comme à
chaque fois, la guerre, c'est écraser l'ennemi à moindre coût. Quand on
se met à dépenser sans compter, cela tourne mal. Et "l'Europe-la-paix",
passe son temps à faire la guerre, les pays de l'union, ayant toujours
suivies de manière inégale, mais toujours, les USA dans leurs
interventions. Une centaine depuis 1991.
A l'heure où les entrepreneurs s'effondrent sous le poids des notes électriques, on apprend que la France est en état de surproduction mais sans souplesse en cas de redémarrage...
Les causes du déclin ;
viernes, 16 de diciembre de 2022
Les "points chauds" de la planète : où pourrait éclater la prochaine guerre?
mardi, 13 décembre 2022
Andrea Muratore
Ces dernières années, la guerre du Haut-Karabakh d'abord, puis le violent conflit en Ukraine ont enflammé des scénarios jugés critiques pour l'ordre international par les analystes et les décideurs.
Les guerres préventives déclenchées par l'Azerbaïdjan et la Russie contre, respectivement, l'Arménie et l'Ukraine ont montré le retour du recours à la force comme moyen de résoudre les conflits entre États avec une véhémence jamais vue depuis la fin de la guerre froide.
La fin du bipolarisme et l'évanouissement rapide de l'utopie unipolaire du monde dirigé par les États-Unis ont conduit l'ordre mondial à se transformer en un grand désordre international, anarchique et sans règles précises. Cela a alimenté les poussées de tension dans le contexte d'une rupture de plus en plus progressive des freins et contrepoids qui délimitaient l'équilibre des pouvoirs. Le déclin du bipolarisme et les scénarios de guerre hybride et économique qui ont émergé dans divers contextes ont fait le reste, mettant essentiellement en contact les puissances dans diverses régions du monde. Conflits gelés ou de faible intensité sur le point de se réveiller, régions du monde âprement disputées entre puissances, points de contact entre anciens et nouveaux empires revenus s'affronter, zones à revendications politiques multiples : les zones de tension où la prochaine guerre pourrait éclater sont nombreuses.
Carte par Alberto Bellotto: les zones de tension dans le monde. Le théâtre finlandais et baltique rapproche la possibilité d'un conflit en Europe centrale et occidentale.
Syrie, Libye, Yémen : trois "bombes" non désamorcées
jueves, 3 de noviembre de 2022
La guerre en Ukraine accélérera-t-elle la chute de l’empire américain ?

Frédéric Lassez 2 novembre 2022
Dans une récente chronique publiée dans Marianne, Emmanuel Todd, reprenant ses analyses sur le déclin américain qu’il avait développées dans Après l’empire (2002), soutient que la guerre en Ukraine constitue un enjeu existentiel non seulement pour Moscou mais aussi pour Washington : « Si la Russie tient en Ukraine, le système impérial des États-Unis s’effondre. »
Pour l’essayiste, avec 1.000 milliards de dollars de déficit sur les échanges de biens et les multiples signes de son décrochage tant sur le plan industriel que militaire, l’Amérique tient aujourd’hui le monde « par des symboles » qui masquent la réalité ainsi que par le règne du dollar, son système financier, Internet et la langue anglaise. Si la Russie survivait aux sanctions, la démonstration serait faite de la fin de sa capacité de contrôle et de contrainte. Les faiblesses de l’empire seraient mises au jour.
Face à ce risque existentiel, les Américains avec l’aide de l’OTAN, leur instrument, seraient prêts à tout pour l’emporter. Emmanuel Todd en veut pour preuve l’attentat contre les gazoducs Nord Stream dont il ne doute pas de l’origine atlantiste.
Pour séduisante que soit l’analyse du déclin américain, on peut douter du fait qu’elle soit partagée par les élites de Washington. Il y a, en effet, les chiffres et les données brutes mais il y a aussi la psychologie humaine avec ses phénomènes de dissonance cognitive qui conduisent souvent à réinterpréter les événements d’une manière bien différente de ce qu’ils expriment dans la réalité.
Dans un article publié par L’Express le 22 octobre dernier, Francis Fukuyama voyait dans le conflit ukrainien une confirmation de sa théorie de la « fin de l’Histoire ». À travers une lecture plus idéologique qu’Emmanuel Todd, il incitait les partisans de la démocratie libérale à ne pas céder au fatalisme « qui accepte tacitement la ligne russo-chinoise selon laquelle [les] démocraties vivraient un déclin inévitable ». Le monde libéral avait certes connu de terribles revers par le passé, notamment dans les années 1930, mais ses concurrents autoritaires avaient toujours fini par s’effondrer. Pour Fukuyama, les signes sont les mêmes aujourd’hui, qu’il s’agisse de la Russie, qui est « devenue un objet de dérision », de la Chine ou de l’Iran. Pas de doute, l’Occident est du bon côté de l’Histoire.
Mêmes accents optimistes du côté de la Maison-Blanche, qui a récemment publié un document sur ses priorités stratégiques. Dans l’introduction, Joe Biden, comme Fukuyama, oppose le camp des démocraties, conduit et défendu par les États-Unis, aux autocraties, Chine et Russie en tête, qui tenteraient de subvertir l’ordre international.
sábado, 29 de octubre de 2022
Quelles MENACES pour la FRANCE de demain ? avec Alain Juillet (DGSE)
domingo, 31 de julio de 2022
L'Ukraine, Cinq Mois Après.
Devoir d'information oblige, je me devais de vous transmettre une analyse neutre et impartiale sur la situation en Ukraine, loin des fantaisies de la presse d'influence.
Par exemple, la défaite de Severodonetsk et Lysychansk n'est pas du tout une "évacuation", pas plus que celle d'Azovstal, mais il s'agit bien d'encerclements que l'Ukraine ne peut pas se permettre de laisser arriver tous les trimestres.
Pour l'heure l'initiative se trouve clairement dans le camps russe, et la Fédération est en position de faire la guerre 18 mois si cela lui chante. Côté "occidental", si nos presses d'influence continuent à prêcher une certaine "amitié" envers l'Ukraine, force est de constater qu'en dehors des livraisons de lance-roquettes multiples HIMARS et du partage du renseignement, au delà du baratin politique absolument rien de décisif n'est plus fait aujourd'hui.
lunes, 4 de julio de 2022
Alexandre Del Valle : l’Ukraine va-t-elle perdre la guerre ?
Alexandre Del Valle, géopolitologue et auteur du livre "La mondialisation dangereuse", est l'invité de Livre Noir pour parler notamment de la guerre en Ukraine et de l'impact provoqué sur la géopolitique mondiale.
Sommaire
00:00 - Générique
00:32 - Fin Générique, présentation Alexandre Del Valle, citation.
06:07 - La Russie embourbé dans ce conflit ?
13:15 - Poutine veut il affamer l’Afrique ?
22:27 - Continuer la livraison d’arme à Kiev ?
28:29 - Les sanctions pour seuls options ?
39:06 - L’action D’Emmanuel Macron (dans le conflit Russo-Ukrainien)
52:45 - Conflit Arménie Azerbaïdjan
01:02:38 - L’occident a t’il poussé la Russie dans les bras de la Chine ? Nouvelle guerre froide ?
01:20:53 - Désoccidentalisation du monde ?
01:26:00 - La Russie en Afrique, néo-colonialiste ?
01:29:25 - Le déclin du monde américain ?
sábado, 28 de mayo de 2022
jueves, 17 de marzo de 2022
« Nouvel Ordre Mondial. Le Royaume-Uni à la négociation. L’Inde se rapproche de la Russie. » L’édito de Charles SANNAT
par Charles Sannat | 17 Mar 2022 |
Mes chères impertinentes, chers impertinents,
Hier avec plus de 3 % de hausse à la bourse de Paris, il apparaît que les marchés parient sur la « paix ».
Les marchés bénéficient-ils d’informations que vous et moi n’avons pas ?
En l’espèce et compte tenu de la gravité de la situation je ne pense pas et derrière cette hausse qui s’apparente à une « bonne nouvelle » se cache un calcul assez simple.
Les marchés « jouent » le fait que le monde ne basculera pas dans la 3ème guerre mondiale « chaude » et encore moins nucléaire.
Les marchés pensent logiquement que les grands pays de ce monde refuseront le suicide collectif d’une grande guerre, et que donc, au dernier moment les négociations l’emporteront et réussiront. La paix prévaudra. Donc il faut acheter.
Si jamais il en était différemment, de toutes les façons, comme disait Einstein « je ne sais pas comment sera la troisième guerre mondiale, mais ce dont je suis sûr, c´est que la quatrième guerre mondiale se résoudra à coups de bâtons et de silex ».
Sur les marchés, combien vaut une 3ème guerre mondiale ? Un bon -90 % !
Sur les marchés, combien vaut une démondialisation violente et brutale ? Un bon -70 % !
Deux scénarios qu’aucun investisseur ne veut considérer.
Raison pour laquelle ce sont mes scénarios centraux. J’y reviendrais dans les prochains jours avec un nouveau Flash Stratégie. Ma préférence va pour le scénario de la démondialisation brutale et pas pour celui de la guerre nucléaire totale. C’est une bonne nouvelle n’est-ce-pas ?
Voici les quelques informations à retenir et qui sont importantes.
Le Nouvel Ordre Mondial évoqué par Zelensky.« Mettre en place de nouvelles institutions, mettre en place de nouvelles alliances », voilà ce que déclare Zelensky le président ukrainien à la fin de cette courte vidéo. Il parle du nouvel ordre mondial sans utiliser la formule mais c’est la même idée.
Volodymyr Zelensky: "Il faut que ce personnage diabolique soit puni" pic.twitter.com/fL0oW5QMOo
— BFMTV (@BFMTV) March 16, 2022
Les Anglais à la manœuvre.
Les Anglais veulent éviter l’embrasement du Proche-Orient et le blocage du Détroit d’Ormuz, point de passage obligé de tous les supertankers de la planète.
Que fera l’Iran ?
Peut-il ouvrir un front dans le Golfe Persique et couper l’approvisionnement en pétrole du monde ? Techniquement oui.
Ce départ de Boris Johnson a lieu alors qu’hier l’Arabie Saoudite annonçait son intention de négocier du pétrole en yuan.
Le Maître américain, envoie son émissaire anglais. On pourrait même dire son homme de main. Boris va-t-il tordre quelques poignets et briser quelques genoux saoudiens ? Possible.
Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, est arrivé aux Emirats arabes unis et se rendra ensuite en Arabie saoudite pour convaincre ces pays d'accroître leur production de pétrole et dans l'espoir de les rallier à la coalition contre Moscou #AFP pic.twitter.com/JSkqm1t74P
— Agence France-Presse (@afpfr) March 16, 2022
Moscou prêt à un compromis sur une Ukraine neutre
miércoles, 16 de marzo de 2022
« Nouvel Ordre Mondial. La bataille s’étend et s’amplifie » L’édito de Charles SANNAT
par Charles Sannat | 16 Mar 2022 |
Mes chères impertinentes, chers impertinents,
Chaque jour qui passe les relations et les alliances semblent se faire, se défaire et se redessiner.
Hier, il s’est passé deux choses très importantes.
Une du côté de la Chine.
Une du côté de l’Arabie Saoudite.
Ces deux évènements sont en lien direct avec la recherche d’un nouvel équilibre pour le monde appelé Nouvel Ordre Mondial.
Nous allons continuer à en parler ensemble ces prochains jours en contemplant le monde, hésitant, entre guerre et paix.
Une période de 15 jours, comme suspendus.
La Chine menacée par les Etats-Unis préoccupés par le soutien de Pékin à Moscou
La mairie de #Kiev a imposé un couvre-feu de 35 heures à partir de ce soir dans la capitale ukrainienne qui vit un "moment dangereux et difficile", a annoncé le maire.
— Challenges (@Challenges) March 15, 2022
Suivez le direct ▶️ https://t.co/gwsyBGbdZC pic.twitter.com/skSWYAwdyk
« La Chine refuse d’être affectée par les sanctions occidentales contre la Russie, a déclaré le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, selon des propos rapportés mardi par l’agence Chine nouvelle. « La Chine n’est pas partie prenante à la crise (ukrainienne) et veut encore moins être affectée par les sanctions », a déclaré M. Wang, lors d’un entretien téléphonique lundi avec son homologue espagnol José Manuel Albares. Selon lui, le géant asiatique « s’oppose toujours au recours à des sanctions pour résoudre des problèmes, surtout des sanctions unilatérales sans fondement en droit international ». « La Chine a le droit de sauvegarder ses droits et ses intérêts légitimes », a-t-il estimé. Ces propos surviennent alors que les États-Unis s’inquiètent d’un soutien de la Chine à Moscou. Pékin n’a pas condamné l’invasion de l’Ukraine et accuse les Occidentaux d’en être responsables du fait de « l’expansion » de l’Otan.
Les États-Unis jugent « profondément préoccupante » la position « d’alignement de la Chine avec la Russie » face à la guerre en Ukraine, a fait savoir lundi une haute responsable de la Maison Blanche, après une rencontre à haut niveau à Rome entre le conseiller à la sécurité nationale américain, Jake Sullivan, et Yang Jiechi, le plus haut responsable de la diplomatie du Parti communiste chinois ».
A Rome c’était évidemment des négociations sur des sujets bien plus larges que l’Ukraine, qui n’est qu’une bataille dans une immense guerre qui oppose les géants de ce monde. Cette rencontre, officiellement, n’a rien donné et les positions des uns et des autres ne semblent pas conciliables. 15 jours.
La réponse des Etats-Unis est sans ambiguïté.
« Nous regardons de très près dans quelle mesure la Chine ou tout autre pays fournit une assistance à la Russie, que ce soit une assistance matérielle, économique ou financière », a dit lundi le porte-parole du département d’État américain, Ned Price.
« Nous avons fait savoir très clairement à Pékin que nous ne resterions pas sans rien faire. Nous ne laisserons aucun pays compenser les pertes subies par la Russie » en raison des sanctions occidentales, a-t-il poursuivi ».
Voilà qui est clair.
Pourtant la Chine, c’est l’usine du monde et l’usine américaine également. Sanctionner la Chine, c’est vider tous nos rayons ou presque. Les Etats-Unis y semblent presque prêts.
C’est dire l’âpreté des négociations en cours.
Une passionnante période de 15 jours, comme suspendus
L’Arabie Saoudite se tourne vers la Chine, et vers le Yuan !
miércoles, 9 de marzo de 2022
Et brutalement les Etats-Unis se tournent vers Maduro et négocient avec le Venezuela !
par Charles Sannat | 9 Mar 2022 |
Il ne reste dans le monde que deux pays qui ont des ressources énergétiques importantes et des réserves pléthoriques.
C’est l’Iran et le Venezuela.
Deux pays sous sanctions américaines.
Deux pays sous embargo américain.
Deux pays qui mènent actuellement des négociations avec l’Oncle Sam.
Il faut dire que chez tonton Sam et ses alliés on a un énorme besoin de pétrole et de gaz.
Ca tombe bien.
Madura est assis sur un trésor énergétique.
Venezuela: le président Maduro et l’opposition rencontrent une délégation américaine« Le président vénézuélien Nicolas Maduro et l’opposition ont annoncé lundi avoir tenu une réunion avec une délégation américaine de haut niveau présente à Caracas, un peu plus d’une semaine après l’invasion russe de l’Ukraine.
Les médias ont fait état ce week-end d’une visite à Caracas de hauts responsables américains dont l’objectif principal serait de briser l’alliance étroite entre la Russie et M. Maduro, qui a multiplié les déclarations de soutien à Vladimir Poutine ces derniers jours.
M. Maduro a confirmé la réunion lundi soir, la qualifiant de « respectueuse, cordiale et diplomatique », sans entrer dans le détail des questions abordées.
« Nous l’avons tenue dans le bureau présidentiel », a-t-il déclaré lors d’une allocution télévisée. « Les deux beaux drapeaux étaient là, unis comme doivent l’être les drapeaux des États-Unis et du Venezuela, et nous avons parlé pendant près de deux heures.
« Il m’a paru important de pouvoir discuter en face à face des questions d’un grand intérêt pour le Venezuela », a-t-il poursuivi. « Je réaffirme, comme je l’ai dit à la délégation, toute notre volonté, par la diplomatie, le respect, et le maximum de ce qu’il y a de mieux dans le monde, de pouvoir faire avancer un agenda qui permette le bien-être et la paix des peuples de notre hémisphère, de notre région ».
La Maison Blanche a confirmé la rencontre lundi, soulignant que les discussions avaient porté notamment sur « la sécurité énergétique » américaine alors que le Venezuela exportait presque toute sa production vers les Etats-Unis avant la rupture avec Washington.
Le bureau de Juan Guaido, président autoproclamé du Venezuela, considéré comme président intérimaire par Washington qui ne reconnait pas l’élection de Maduro, a fait état d’une « réunion tenue avec cette délégation », dont il assure qu’il offrira plus d’informations « après avoir terminé le travail de coordination avec le gouvernement des États-Unis, en tenant compte des intérêts et de la sécurité nationale de notre allié »
Eloigner Maduro de Poutine, diviser pour mieux régner.domingo, 6 de marzo de 2022
lunes, 28 de febrero de 2022
[Tribune] Qui est fou ?

Christian Vanneste 27 février 2022
Il faudrait plus s’interroger sur la part de folie qui, depuis bien longtemps, a envahi l’oligarchie politique et médiatique occidentale que sur la supposée « paranoïa » de Vladimir Poutine.
En 1991, le second totalitarisme du XXe siècle s’effondre en URSS. Le camp du bien a gagné, la démocratie universelle est en marche… sauf qu’elle doit sa victoire, non à sa séduction, mais à l’acharnement d’islamistes fanatiques en Afghanistan et à la résistance de la très catholique Pologne.
L’Empire éclaté, d’Hélène Carrère d’Encausse, éclate pour de bon, alors que pour sa plus grande part, il se pense encore russe et que d’importantes minorités russophones vivent encore dans la plupart des nouvelles républiques. La fin du communisme et l’irruption d’une libéralisation chaotique précipitent l’ensemble dans le marasme. Les tyrans locaux héritiers du système, les oligarques voraces s’emparent des dépouilles. Dix ans plus tard, Poutine entame un redressement spectaculaire de la Russie. C’est un patriote russe. Ce n’est plus un marxiste, mais plutôt un conservateur qui ne demande que du respect pour son pays de la part du vainqueur avec lequel il est tout prêt à s’entendre. La politique étrangère lors de son premier mandat est dans la continuité de la politique d'Eltsine. Il ira même plus loin : il proposera à l’Union européenne la création d’un marché économique unique et aux États-Unis l’entrée de la Russie dans l’OTAN. Les deux offres seront refusées. Elles étaient pourtant raisonnables : d’abord, l’Europe et la Russie sont complémentaires ; ensuite, l’OTAN n’a plus l’URSS comme ennemi, mais en a d’autres qui se révèlent alors : l’islamisme sous sa forme terroriste, notamment. Poutine soutiendra le président Bush après le 11 septembre.
La situation actuelle ne provient pas du délire d’un nouveau tsar, mais de la déception devant la réponse américaine, puis de la prise de conscience lucide de ce que veut l’Amérique. Il y avait eu l’éclatement de la Yougoslavie, essentiellement au détriment des Serbes proches des Russes, puis l’écrasement de l’Irak, un ancien allié, puis, pendant la présidence de Medvedev, la dislocation de la Libye, enfin, la tentative de renverser le régime baasiste de Syrie, partenaire de Moscou, et qui abrite des bases russes. Décidément, Washington, et surtout les démocrates de Washington, ne veulent pas du bien à la Russie. Celle-ci est encore trop puissante, et une éventuelle alliance avec l’Europe ferait de l’ensemble un redoutable rival.
viernes, 25 de febrero de 2022
[Tribune] « L’Ukraine manque terriblement à la puissance russe » (II)

Une seconde observation nous ramène à Valéry. L’histoire couvre le problème ukrainien de ses sédiments contradictoires.
Pour les Français peu informés, mais imprégnés de juridisme et soumis à la réduction historique simpliste, l’Ukraine est un État souverain dont l’intégrité est menacée par sa voisine russe, qui l’a déjà violée en Crimée.
Vladimir Poutine, ancien officier du KGB, est un dictateur qui utilise la force et cherche à annexer à la Russie des territoires extérieurs peuplés de Russes. Cela ressemble à du déjà-vu : bien sûr, nous sommes en 1938, et Hitler veut réunir les Sudètes à l’Allemagne. C’est Munich ! Poutine ne passera pas !
Seulement, si on se donne la peine de se mettre du côté de la Russie, on se rend vite compte que la lecture de l’Histoire est très différente et pèse sur le présent avec plus de force encore. En 1991, d’août à décembre, les ex-républiques soviétiques proclament leur indépendance. Le 25 décembre, l’URSS cesse d’exister et laisse place à une Communauté d’États indépendants. Certains ne rejoignent pas celle-ci, comme les États baltes qui vont au contraire adhérer à l’Union européenne et à l’OTAN. L’Ukraine reste d’abord proche de la Russie, puis s’en éloigne, une première fois avec l’élection de Viktor Iouchtchenko à la suite de la révolution orange, puis une seconde fois, lorsque le mouvement Euromaïdan renverse le président pro-russe Viktor Ianoukovytch.
Pour la première fois depuis le XVIIe siècle, la Russie se voit privée d’une partie de l’empire conquis par les tsars et consolidé, voire agrandi, par le régime soviétique. Le président Bush (père) avait assuré Gorbatchev que l’OTAN ne s’étendrait pas jusqu’à la frontière russe. Cette promesse verbale n’a pas été tenue et est même niée. Empêtrée dans une transition difficile et mal gérée par Eltsine, la Russie s’est soumise.
Poutine arrive au pouvoir au début du nouveau millénaire et, avec lui, les perspectives changent. C’est un patriote qui n’accepte pas que la Russie ait perdu la « grandeur », comme aurait dit de Gaulle. Et, comme ce dernier, il regarde son pays à travers son Histoire. Trois faits déterminent sa vision du présent : d’abord, la Russie a joué un rôle considérable et chèrement payé en vies humaines dans la victoire sur le nazisme, et on lui arrache non seulement les acquis de cette victoire, mais même ce que les nazis lui avaient déjà volé en 1941-1944.
jueves, 24 de febrero de 2022
Vladimir Poutine : un coup plus loin

L’intervention militaire russe en Ukraine constitue une surprise et il est nécessaire d’apporter quelques compléments à l’article que nous avons publié il y a deux jours.
Nous entrons probablement dans une phase d’accélération comme l’Histoire en a toujours connu. Mais qui plonge justement dans un inconnu difficilement prévisible
Nous avions pointé la probable fin d’un cycle historique entamé avec l’effondrement de l’Union soviétique. Et par référence à la débandade américaine en Afghanistan actant la fin de l’ère des « guerres de 20 ans ». Il est possible avec l’intervention russe en Ukraine que nous venions de rentrer brutalement et plus loin que l’on pouvait le supposer dans la nouvelle séquence. Caractérisée par le déclin de l’empire américain et l’émergence de ces grands rivaux comme d’abord la Chine et ensuite la Russie, que la stupide stratégie américaine mise en œuvre depuis 30 ans a rejeté vers l’Asie.
Répétons que la façon dont le camp occidental a récemment et délibérément piétiné tous les principes du droit international devait conduire inéluctablement à brutal retour de boomerang. Ce que les Russes font aujourd’hui, les Américains l’on fait aux quatre coins de la planète parfois avec un cynisme écœurant comme les deux symboles de la Serbie et l’Irak. L’opération entamée par la Russie est la jumelle de celle des Balkans avec génocide inventé, bombardement de populations civiles et amputation d’un territoire national. On pourrait aussi faire référence à la destruction de l’État libyen, là aussi sur la base de massacres inventés par BHL occulte ministre des affaires étrangères, dictant leur conduite à des dirigeants ineptes. Mais il faut être clair, si les agressions occidentales étaient condamnables, celle de la Russie aujourd’hui l’est tout autant.
Simplement en attendant de plus amples informations, il semblerait que l’objectif annoncé par Vladimir Poutine soit celui, non seulement de protéger les républiques séparatistes qu’il vient de reconnaître, mais également de « démilitariser et dénazifier l’Ukraine ». Donc Moscou a décidé semble-t-il d’aller encore « un coup plus loin » en ne se contentant pas de la neutralisation de l’Ukraine que nous avions décrite, mais en procédant de force à la création d’un État tampon.

