
Frédéric Sirgant 14 octobre 2023
L'attentat
islamiste d'Arras, comme tous les autres, charrie son lot
d'exemplarités, tant au niveau du profil de son auteur (fiché S,
radicalisé, etc.) que des faiblesses ou des complaisances des
institutions françaises (expulsion suspendue sous Manuel Valls sous la
pression d'associations pro-migrants), comme l'a souligné Gabrielle Cluzel.
Son parcours d'ancien élève revenant semer le carnage dans le lycée qui
l'avait accueilli ajoute cependant un degré supplémentaire à l'horreur
et jette une lumière crue sur la décennie d'attentats islamistes que
nous avons connue.
En effet, après Merah (2012), Charlie Hebdo
et le Bataclan (2015), après Nice (2016), après tant d'autres, et
quelques jours après l'attaque du Hamas, on aurait pu s'attendre à une
montée en puissance de la riposte française, à un durcissement véritable
vis-à-vis de tous ceux qui, de près ou de loin, favorisent l'islamisme
en France. En premier lieu : l'impuissance de nos décideurs politiques.
Or, l'assassinat de Samuel Paty, qui constituait une première par la
cible visée, avait donné lieu à la mise en scène d'un « Plus jamais ça »
solennel de la part d'Emmanuel Macron. Ce nouvel assassinat confirme
qu'il se payait de mots.
L'attaque du Hamas, qui a tué au moins quinze Français, et
l'assassinat de Dominique Bernard imposent ce sursaut en nous montrant
qu'il n'a justement pas eu lieu. Or, les longues prises de parole
d'Emmanuel Macron, jeudi et vendredi soir, comme de Gérald Darmanin
vendredi aussi, n'ont fait que souligner l'étendue de leur impuissance
et confirmer que ce sursaut n'aurait pas lieu. Cette impuissance
volontaire est coupable pour le passé. Dramatique pour l'avenir qu'elle
nous promet. À Arras, ce vendredi 13 octobre, on se serait cru revenu
dix ans en arrière, aux scénographies de MM. Hollande, Valls, Cazeneuve
et consorts.
« Le choix est fait, a déclaré Emmanuel Macron à Arras, de
ne pas céder à la terreur, de ne rien laisser nous diviser et de
rappeler aussi combien l’école et la transmission sont au cœur,
justement, de cette lutte contre l’obscurantisme. » Belles paroles
jetées sur une réalité qui les dément quotidiennement : notre société et
son école sont fracturées par le communautarisme islamiste et par une
immigration incontrôlée. Ce n'est pas une opinion, c'est une réalité que
nous constatons quotidiennement dans nos rues et nos établissements
scolaires. Dans son allocution d'Arras, le président de la République
salue, remercie, rend hommage aux pompiers, aux policiers, aux
soignants. Mais jamais l'amorce d'une inflexion politique, d'un
changement de la législation, d'une rupture. Pour le virus, pour
l'énergie, nous avons eu droit à des mesures exceptionnelles, des
confinements, des contrôles, des privations de liberté. Pour lutter
contre l'islamisme, surtout pas. Même pas dans les mots, pour la forme.
Cela fait froid dans le dos.
L'État macronien souhaite donc rester dans le carcan de ces fichés S
inexpulsables et impossibles à surveiller véritablement. Quelle nouvelle
démonstration de l'échec de cette politique faut-il ? Combien de morts,
encore ? La traduction concrète de cet immobilisme de l'impuissance a
été déclinée par Gérald Darmanin au 20 Heures : passage au niveau «
Urgence attentat », avec cette phrase tout aussi inquiétante dans la
bouche d'un ministre de l'Intérieur au bilan sécuritaire catastrophique :
« Quand on passe à ce niveau de vigilance, c’est pour dire à tous
les Français, à toutes les administration, de faire attention. » Nous sommes prévenus.
Or, il y a un changement radical de logiciel à opérer, comme l'expliquait, vendredi soir, Thibault de Montbrial.