Adepte de l’offensive, Sven Mary, l’avocat de Salah Abdeslam, l’est sûrement.
Mais comme quelques-uns de ses confrères, il est certainement plus adepte encore de la provocation.
 Les effets de manche, qui parfois sonnent comme des rodomontades, sont en effet la spécialité de certains membres de cette corporation, qui savent qu’en vertu de la mission sacrée qui est la leur – « défendre l’accusé » -, ils peuvent à peu près tout se permettre.
Tout cela, en temps ordinaire, peut prêter à sourire, voire à rire, selon que le spectacle est ou n’est pas de bonne qualité.

L’affaire Abdeslam, qui fait suite aux attentats terroristes de novembre 2015, sort cependant de l’ordinaire judiciaire que tout citoyen, belge, français ou autre, peut connaître habituellement.
 Elle est atypique par le nombre des victimes, par la barbarie dont ont fait preuve les auteurs de ces crimes, par le précédent qu’elle instaure en déstabilisant gravement nos démocraties et en instillant une peur durable dans les populations.
Dès lors, les postures habituellement observées et les propos souvent entendus parmi les membres du barreau peuvent prendre un autre sens et sonner comme des agressions qui viennent aggraver les traumatismes déjà subis.